Droite: et maintenant !

Publié le par blog-pl-seguillon

 

 

 Quels enseignements le chef de l’Etat et son gouvernement vont-ils tirer de ces élections ?

Officiellement, l’Elysée et Matignon nient ou, du moins, minimisent le caractère pourtant évident de la défaite essuyée par la majorité présidentielle.

Ils ne concèdent qu’un simple rééquilibrage. Et, pour mieux relativiser cet échec, il a été décidé de ne pas changer l’architecture du gouvernement. Celle-ci ne sera modifiée qu’à la marge.  Officiellement donc, on continue comme si de rien n’était !

 

En réalité, l’Elysée et Matignon ne peuvent ignorer les messages des électeurs.

 

Ceux-ci – ne serait-ce qu’en boudant les urnes, ont désavoué le style de gouvernance de Nicolas Sarkozy. Ils lui ont tenu rigueur de ne pas avoir été le président qu’il avait promis d’être, voire de ne s’être pas coulé véritablement dans le rôle présidentiel. Le chef de l’ Etat a déjà anticipé ce premier enseignement. Il s’efforce en effet, depuis plusieurs semaines, d’exercer une présidence plus modeste et moins bavarde, mieux maîtrisée  et moins brouillonne,  plus laborieuse et moins clinquante.

 

En revanche, les Français ne se sont pas déjugés. Ils ont élu Nicolas Sarkozy il y a neuf mois pour qu’il modernise le pays. Ils ne lui ont pas demandé hier d’arrêter les réformes. C’est un contresens de la part des dirigeants du PS de voir dans le résultat de ces élections municipales la demande d’une pause. François Fillon est parfaitement fondé à dire qu’il faut poursuivre les réformes, réforme de l’Etat, réforme des institutions, réforme des retraites, réforme de la représentativité syndicale, réforme du contrat de travail…

 

Toutefois les électeurs ont également envoyé à l’Exécutif un double avertissement dont la majorité présidentielle aurait tort de mésestimer la sévérité.

 

Ils ont dénoncé le caractère illisible et brouillon du train de réforme et l’inégale répartition de son coût entre les différentes composantes de la société.

Le gouvernement va donc devoir s’attacher à mieux organiser ces réformes dans le temps à les hiérarchiser, à en faire la pédagogie et, surtout, à faire en sorte que le fardeau n’en soit pas imposé aux seules catégories populaires et couches moyennes. C’est souhaitable et c’est possible.

 

Les Français ont aussi condamné le déséquilibre croissant entre une vie de plus en plus chère et un pouvoir d’achat de plus en plus réduit.

 

Là est la vrai difficulté. L’Etat manque de moyens. Les caisses sont vides ! Les entreprises sont asphyxiées par un environnement économique défavorable qui ne les pousse ni à embaucher ni à augmenter les salaires. C’est pourtant le terrible sinon impossible défi que vont devoir relever Nicolas Sarkozy et François Fillon au lendemain de ces élections municipales : démontrer qu’il est possible à la fois de poursuivre les réformes, comme ils s’y sont engagés, d’apurer les comptes publiques, comme le demandent nos partenaires européens, et d’améliorer dès maintenant le quotidien des citoyens comme l’ont réclamé les électeurs.

 

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lucie 18/03/2008 22:06

pardon, Alceste, d'avoir fait ce genre d'erreur, je parlais en pourcentage de voix et ce n'est pas la logique des règles des élections municipales... autant pour moi!

bon séjour à Metz.

olivier 18/03/2008 13:23

Bien sur la forme est remise en cause mais le fond également. Je suis évidemment conscient des réformes indispensables qui doivent être faites... pourtant je n'en vois pas venir une seule...

Que des trains d'effets d'annonce..; rien de concret et surtout rien d'efficace et de rationnel. Si en toute bonne foi on ne souhaitait pas voter pour NS au moins pouvait-on croire à son efficacité..; c'est ce qui lui a valu (en plus du faible niveau de ségo) d'être élu. Aujourd'hui ce ne sont pas des résultats que j'attends mais des réformes et de ca coté là c'est le vide !!

Contrat de travail... on ne touche à (presque) rien et on continue !!

 Problème de la sécurité sociale... RAS car augmentations des cotisations des assurés et diminution des remboursements pour permettre d'augmenter les medecins...

Etc.. claude nous en dira sans doute plus (ou plutôt moins...) mais c'est de cela que les français s'énervent... On nous brasse avec les réformes mais on sera en 2012 qu'on pourra utiliser le même slogan car rien ne sera fait !!

Alceste 18/03/2008 12:53

Lucie

A Metz, je crois : PS 41 sièges – J.M.Rausch 7 ou 8 sièges – Les dames + Lebeau 6 ou 7 sièges. Peu d’incertitudes, donc, quant à l’élection du maire … Cela dit, vous avez raison : on peut se demander si Metz est vraiment « passée à gauche »…  Je vous dirai cela ce soir à mon retour de l’Arsenal …

lucie 18/03/2008 10:23

oui, j'aime bien votre analyse, M.Seguillon

je crois aussi que la sanction est sur la forme et non sur le fond. mais je suis toujours aussi agacée quand j'entends des explications qui sont plus des excuses personnelles que des arguments logiques.

je vis dans l'est de la France et je suis frappée de voir comment notre région a battu des records d'abstention. près de 50% à Metz qui est vue acuellement comme emblématique des villes " passées à gauche". mais en regardant de près les chiffres de Metz, je ne suis pas encore sûre que le maire sera PS car la totalité des droites représente plus de 50%. si Metz a un maire de gauche cela voudra dire que la haine est plus forte que le sens politique et non que la vague rose est passée !

et je suis certaine que si j'avais le temps d'éplucher davantage les résultats je trouverais d'autres exemples troublants.

oui,en toute logique, le Président devrait entrer dans le temps de l'organisation réfléchie des réformes et de la discrétion personnelle, mais je ne suis pas sûre que la réorganisation de sa communication soit  marquée du sceau de ces logiques.. et les temps sont vraiment mondialement difficiles, ce qui demande des qualités opposées au bla-bla et à la superficialité.....

il semble cependant que les dirigeants du parti UMP aient compris les difficultés de cet après élection. j'attends avec intérêt leurs premières mesures... à condition qu'elles soient marquées par le bon sens ,le réalisme et un recentrage sur le parti lui-même et non sur l'intérêt personnel du Président.

Annick 18/03/2008 00:18

Evelyne

Votre commentaire, toujours lucide, reflète à 70% les voeux des français.Le problème est celui du comment? Quand et jusqu'où ira-t-il?La clef pour une réussie pacifique réside dans la confiance retrouvée en NS...Il veut axer la communication sur la pédagogie. C'est bien s'il ne nous prend pas pour des benêts et ardu quand la confiance a disparu au profit du doute.D'après les rumeurs, il veut mettre "le paquet" très vite et transformer en profondeur la France. Ok, mais périlleux sans confiance et avec la crise financière actuelle!Le pari de NS tient un peu du pari de Pascal sauf que pour le second le pari était personnel et spirituel, alors que pour le premier il est national et économique ! Je crois que nous n'en avons pas fini de commenter l'actualité...