Gauche: et maintenant !

Publié le par blog-pl-seguillon

Officiellement le PS entend prendre tout son temps pour calmement et sereinement préparer son congrès, dessiner son projet et se donner un leader.

 

En réalité, l’ampleur du succès enregistré hier aiguise les appétits. Contrairement à ce que prétendent tels ou tels pour des raisons purement tactiques, il paraît assez évident que celui ou celle qui prendra la tête du PS dans quelques mois aura de grandes chances de devenir  le candidat des socialistes à l’élection présidentielle. L’enjeu du prochain congrès socialiste est donc capital.

 

Cette victoire socialiste aux municipales  rend inéluctable le choc des ambitions. Elles ont été tues hier soir. Mais elles ne tarderont pas à se faire jour. Ségolène Royal a pu tester sa popularité auprès des militants en faisant campagne à travers toute la France.  Elle possède  de vrais appuis dans l’appareil.  Elle a tout intérêt à brusquer le mouvement et à prendre rapidement le pouvoir au PS. François Hollande, encore premier secrétaire pour quelques mois,  peut se targuer d’être l’artisan de cette victoire. Cela vaut passeport pour prendre part à la course présidentielle. Bertrand Delanoë qui a confirmé son implantation à Paris peut à bon droit estimer que son expérience dans la capitale le prépare mieux que quiconque à concourir… Très vite les uns et les autres vont donc devoir se découvrir.  

 

Ce succès électoral appelle néanmoins une clarification.

Demeurer dans l’ambiguïté actuelle quant aux alliances,  c’est rendre impossible dans quatre ans un succès national après ces victoires locales.

Rassembler les seules composantes de la gauche, c’est insuffisant pour gagner la prochaine présidentielle.

Mais s’allier avec le  centre au risque de se couper de ses racines populaires, c’est pour le PS s’interdire tout autant les portes de l’Elysée en 2012.

 

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de la mata jeanpaul 19/03/2008 09:42

 Et celui qui expulse une noix de coco fait confiance à sa trachée !

 Ils sont marrants les Ivoiriens , non ?

 

Jeff de Burlats 18/03/2008 16:22

Comme prévu, dès le lendemain des municipales, fin des envolées lyriques pour petits électeurs en danger devant le grand méchant sarkozisme. Ceux qui ont cru que le choix à gauche pour leur municipalité et qui y sont allés de bon coeur au vu des résultats, en seront pour leurs frais... L'amélioration du pouvoir d'achat ne viendra pas du côté de la mairie!

Pas perdu pour tout le monde. Royal a capitalisé sa popularité, sans jamais apporter de réponse concrète. Les autres leaders du PS ont soigné leur image de marque avant de se relancer dans les affrontements classiques pour la récupération de l'héritage... comme chez le notaire, même les plus riches finissent par se déchirer.

Va y'avoir du sport. Et comme d'habitude, ils trouveront un programme "compromis" en deux coups de cueillères à pot, avant de remettre le couvert pour la succession et la candidature à la candidature.

Et les électeurs dans tout ça? Ils devront se contenter, comme ils l'ont fait dès lundi, de ce proverbe ivoirien: "Celui qui avale une noix de coco, fait confiance à son anus"....

coursdeflute@yahoo.fr 18/03/2008 14:56

La question des alliances me parait finalement secondaire et( c'est ce qu'a montré les élections. Les électeurs "plutôt de gauche" (d'après les sondages) ont-il vraiment voté UMP dans le cas où les listes UMP/Modem fusionnaient ? Rien n'est moins sur. Les consignes de parti sont de moins en moins suivies, et Royal a commis une erreur en parlant d'alliance nationale. Que le PS s'occupe de son programme, de présenter un candidat  crédible et les électeurs Modem d'un 1er tour choisiront de voter ou non pour lui au 2nd. Parler d'alliances avant me semble hors de propos.

Alceste 18/03/2008 01:08

Martine Aubry le reconnaissait aujourd’hui : « Nous avons eu l'impression qu'il valait mieux suivre les Français dans ce qui pouvait leur plaire plutôt que de leur proposer une vision de notre société ». Si nous devons nous placer dans la perspective de 2012 (déjà !), il me semble, Monsieur Séguillon, qu’il n’est d’autre clé au succès électoral du P.S. que celle-là, beaucoup plus constructive en tout cas que ne le seraient des « alliances » entre des partis, même apparemment rhabillés de neuf, voire imaginés au jardin d’Eden. Car au fond, en matière d’alliances, nous avons maintenant de l’expérience et, j’allais dire, notre compte : les deux « grands » partis, tels qu’ils sont et tels qu’ils s’aiment, constituent en fait d’ores et déjà un couple, lequel prospère grâce au cocuage consenti. Plus poétiquement, on pourrait définir leurs relations par la réplique célèbre du film d’Alain Resnais : « Tu me tues, tu me fais du bien ». Prosaïquement enfin, il suffit de regarder l’actualité : l’un s’occupe des affaires sérieuses à Paris, tandis que l’autre se charge du ménage dans la maison de campagne. Bien des indices montrent que nos concitoyens ont cessé de croire aux vertus des mariages morganatiques. C’est pourquoi nombre d‘entre eux ont pu suivre si aisément la furie iconoclaste d’une S.Royal, en conséquence de quoi elle devint icône elle-même, avec le succès final que l’on sait ; c’est pourquoi, aussi, beaucoup ont été intéressés par la démarche de F.Bayrou et restent intéressés, malgré les apparences. Mais cela ne signifie en rien, me semble-t-il, que le point d’aboutissement naturel soit une « alliance », car d’une part l’attitude politique que Royal et Bayrou représentent, chacun de leur côté, est tout à fait différente (ce que la candidate socialiste n’a pas compris), d’autre part une alliance nous ramènerait au point de départ, c'est-à-dire au cercle vicieux. En fait, je crois que si F.Bayrou, suivant la voie qu’il a ouverte, continue à en faire valoir les principes (pas facile, à en juger par nos mœurs politiques, notamment quand elles font d’un H.Morin un parangon de vertu), il ne manquera pas de voir son audience s’accroître, et c’est tant mieux.  Je pense aussi que si le PS, redonnant enfin la parole à l’intelligence, sait abandonner la démagogie pour proposer lui-même, collectivement, une offre politique à la fois généreuse et crédible, sa propre autorité doit suffire à rendre possible une alternative le moment venu. La question des alliances devient dès lors seconde. Malheureusement, en des temps où l’artifice et le spectacle l’emportent si aisément sur l’intelligence, il est certain que cela ne sera pas facile.

Annick 18/03/2008 00:43

Delanoë a peut-être fait l'erreur de repousser le Modem, de marginaliser les Verts.Royale, de faire trop de charme à Bayrou pour contourner l'appareil et les éléphantsHollande a pas mal jouéJe trouve la position de Moscovici séduisante: Le congrès, la refondation idéologique, les idées et laisser venir. Pour l'instant NS occupe tout le terrain. Ils ne peuvent se positionner que par rapport à lui et à ses excès personnels ou politiques( trop libérale)C'est la politique du corbeau et du renard : il ouvre un large bec et laisse tomber sa proie !Les alliances au centre? Quel centre...?Il peut se passer tant de choses...l Il va se passer bien des choses.Les éléphants vieillissent (ouf!) et un nouveau lapinot peut sortir du chapeau! Un lapinot qui sera capable de dire oui à certaines réformes et non à d'autres en faisant une contre-proposition social-démocrate qui tienne la route.

Wait and see.