Les trois remaniements de Nicolas Sarkozy

Publié le par blog-pl-seguillon

     Au lendemain des municipales,  Nicolas Sarkozy a procédé à trois remaniements. Un remaniement personnel, déjà ébauché avant le vote de dimanche : le président hiérarque et réfléchi a remplacé le président bateleur et bavard. Un remaniement élyséen : au happening verbal des conseillers a été substituée une organisation plus maîtrisée de la parole. Un remaniement gouvernemental, plus marginal : l’ouverture a laissé la place au repli sur les sarkozystes fidèles.

     Remaniement personnel

    Depuis plusieurs jours déjà, le chef de l’Etat entend montrer qu’il a changé de style et n’est pas demeurés sourds aux reproches qui lui ont été faits. Nicolas Sarkozy se targue désormais d’être « calme ». Il est beaucoup plus économe de sa parole. Il privilégie les cérémonies qui contribuent à resacraliser la fonction présidentielle, célébrant aux Invalides la mémoire du dernier poilus ou évoquant sur le plateau des Glières  l’héroïsme des résistants. Il se pose en chef des armées et s’en va visiter le sous-marin le Terrible.

     Remaniement élyséen

     Fini le temps où des conseillers hautins guerroyaient avec des ministres. Georges-Marc Benamou, qui  s’était pris pour le ministre de la communication en lieu et place de Christine Albanel est congédié. ( Très confortablement recasé à la Villa Médicis de Rome dans l’espoir que ce journaliste intriguant voyou n’ira pas mettre sur la place public tous les petits secrets élyséen dont il a eu connaissance comme il le fit déjà du temps de François Mitterrand !). Exit sans ménagement le porte parole David Martinon.  L’expression publique sera désormais réservée à Claude Guéant pour ce qui regarde les affaires intérieures et à Jean David Lévitte pour la politique étrangère. La discrète et efficace Catherine Pégard  dirigera un pôle politique comme le faisait jadis le sage Maurice Ulrich pour Jacques Chirac.

     Remaniement gouvernemental

     Les ministres récompensés pour leurs prouesses électorales,  Luc Châtel qui ajoute à son portefeuille la fonction de porte parole ou Laurent Wauqiez qui fait son entrée à Bercy pour y suivre l’emploi auprès de Christine Lagarde, incarnent la jeune garde sarkozystes.

     Alain Marleix, promu aux collectivités locales et au redécoupage de la carte électorale, est l’œil politique du président.

     Les nouveaux entrants, Yves Jégo à l’Outre-mer, Nadine Morano à la famille ou Alain Joyandet  à la coopération sont  des fidèles du chef de l’Etat.

     Quant à ce pauvre Alain Bockel  socialiste tardivement converti  au sarkozysme , il est remisé au magasin des accessoires et abandonne la coopération pour… les anciens combattants !

 

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de la mata jeanpaul 22/03/2008 22:39

Que racontes-tu Béa , c'est les sondages qui dirigent la France ?

Bea 21/03/2008 14:02

Connaissez vous le sous-marin le terrible? C'est un certain Nicolas qui coule dans les sondages...:))

deslilas 21/03/2008 11:55

Ce n'est pas la girouette qui change c'est le vent disait A. Faure.

Sur sa lancée le Président de la République après avoir "réduit" le FN sera le fossoyeur de la Droite. Il lui reste quatre années pour mener son opération de décrédibilisation.

Le plus étonnant, ce n'est pas la situation actuelle qui était prévisible mais le choix qui avait été proposé par les grands partis politiques pour cette élection présidentielle.

Obnubilés par les sondages, ils n'ont pas proposé les plus aptes à remplir la fonction. La candidate du PS a été déstabilisée dès l'ouverture de la campagne tandis que la Droite confiait son avenir entre les mains d'un fragile sauveur empêtré dans ses problèmes non résolus d'adolescent.

Le remaniement personnel évoqué par PLS demanderait plus de temps que le Quinquennat n'en laisse. On ne modifie pas comme cela une structure de personnalité aussi caricaturale.

La Droite se mord les doigts de son erreur de casting.

Louis de Funès était parfait pour le Gendarme de St Tropez et c'est Jean Gabin qui endossait le rôle principal dans "Le Président".

Alceste 21/03/2008 11:17

A la suite d’Evelyne

Une femme défigurée par le mal, qui s’offre à nos yeux non plus en victime mais en preuve. Irréfutable. Un masque insupportable et sublime qui s’impose non seulement à notre compassion mais surtout à nos consciences : la loi, ce doit être nous. Et voilà. Nous sommes une nouvelle fois confrontés à notre impuissance et à notre ignorance. Il faudrait légiférer sur la mort alors que nous ne savons pas ce qu’elle est. Car nous ne savons la mort que par celle des autres, qui nous afflige ou nous fait horreur, non par notre propre expérience. Et voici une femme qui nous parle de la sienne, en pleine certitude, parce que précisément elle sait, elle ; chaque jour de souffrance lui donne ce savoir, celui qui n’est dans aucun livre. Et nous devrions avoir la prétention de la mettre en doute ou simplement en débat ? Certes nous avons, pour vivre ensemble et surtout peut-être pour surmonter nos faiblesses, besoin de ces principes applicables à chacun de nous, même en tant que personnes. Le médecin soigne, repousse l’heure de la mort, précisément. Il nous protège, d’une certaine façon. Mais s’agissant des principes nous avons appris aussi à prendre nos distances. Ainsi en est-il de cette prétendue justification donnée universellement à la « mort naturelle », couvrant en fait toutes les formes d’impostures. Réécoutons tout simplement la chanson de Brassens, « Bonhomme », mort de « mort naturelle », et nous comprendrons d’emblée l’hypocrisie, et cette insupportable injustice de la « nature » qui répand judicieusement ses bienfaits selon les conditions où naissent les êtres humains… De la naissance à la mort, nous serions donc livrés, que nous le voulions ou non, au « naturel », transcendé parfois il est vrai par l’espoir que tout cela relève de la volonté de Dieu, le principe étant conforté en tout état de cause par la loi. Je suis venu au monde par un effet de la nature. Je dois le quitter de la même façon, sans avoir rien à dire. Et on m’accuserait presque de prétention à vouloir soumettre cette naturalité à ma critique d’homme … Dans les circonstances présentes, je n’aime pas quant à moi ce mot d’« euthanasie », parce qu’il renvoie, dans mon esprit du moins, à l’image de l’agonie. Or ce n’est pas de cela qu’il s’est agi, je crois, mais au contraire de ce qu’on appelait il y a longtemps la « belle mort », celle par exemple que chacun a pu voir dans les musées sur les stèles funéraires attiques qui montrent la maîtresse de maison, magnifique, offrant ses bijoux à sa servante avant de partir … Par cette beauté, les Anciens symbolisaient ce qui était pour eux « l’héroïsme », conquis par la seule personne humaine, offert en exemple. Je veux en rester pour ma part, aujourd’hui, à cette image.

Claude 21/03/2008 01:09

Evelyne,

Certains enseignants sont tout ce que vous dites et des non enseignants aussi. Ne me faites pas de procès d'intention, j'ai aussi été enseignant (professeur certifié en collèges)

J'ai de l'entreprise une vision normale. Elles sont à l'image des gens. Ni plus cyniques ni moins. Il est naturel qu'elles soient préoccupées par leurs profits comme les gens puisque ce sont des gens qui les créent puis les dirigent.

Nous avons tous été bouleversés par le sort de Chantal Sébire. L'Etat (actuel) n'est pour rien dans cette malheureuse issue. Nous sommes dans un pays de droit, il y a une loi qui est ce qu'elle est, un juge est saisi, il juge le droit et ne peut pas faire autrement.

Dans notre pays, il n'y a pas de loi de circonstance et les pouvoirs publics ne peuvent pas prendre une ordonnance (Président) ni un décret (Premier ministre) sur un sujet aussi grave. Vous avez votre avis sur le sujet et je suis très proche de vous mais d'autres en ont un différent. Bien entendu j'aimerai que le Procureur de la République soit négligent (je pense que lui aussi) et ne fasse pas faire d'autopsie. Mais cette faute lui serait opposable et presque n'importe qui peut engager un recours contre sa décision. C'est à lui de décider en son âme et conscience. J'espère qu'il n'y aura pas d'autopsie.

Le Président et le Premier ministre ou n'importe quel groupe parlementaire peut proposer une nouvelle loi ou une modification de la loi actuelle (loi Leonetti).

C'est un problème douloureux et le mauvais goût consisterait a en faire un enjeu politique. Je pense qu'il y aura débat à l'assemblée et dans le pays puis que Sarkozy proposera un projet qui sera voté à l'unanimité.

Claude