Kosciusko Morizet punie

Publié le par blog-pl-seguillon

             L’épisode Kosciusko Morizet à propos du vote de la loi sur les OGM est révélateur du malaise qu’engendre au sein du gouvernement et de la majorité la gouvernance incertaine et solitaire du chef de l’Etat.

 

            Que la secrétaire d’Etat en soit arrivée à dénoncer vertement la «  lâcheté »  et  l’  « inélégance » de son ministre de tutelle, Jean-Louis Borloo   qui « se contente d’assurer le minimum » et  de Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l’Assemblée, qui « n’arrive pas à tenir » ses députés est  la conséquence du manque de direction politique et d’un  défaut de sens collectif. Quand le président continue en réalité à décider de tout et néanmoins à changer de pied en permanence sur tout sujet, il n’est pas étonnant que règnent la cacophonie et les chimailleries au sein du gouvernement mais aussi entre le Premier ministre et le chef de l'Etat lui-même, le Premier supportant mal que le second soit plus populaire que lui, celui-ci cherchant à affirmer son autorité sur des ministres qui ne cessent de référer à, l'Elysée.

            Nicolas Sarkozy proclame la fin de la France-Afrique mais écarte Jean-Marie-Bockel secrétaire d’Etat à la coopération, dont le seul tort est d’avoir suivi ce mot d’ordre. « Je ferai de la défense des droits de l'homme et de la lutte contre le réchauffement climatique les priorités de l'action diplomatique de la France dans le monde » promet le nouveau chef de l’Etat au jour de son entrée à l’Elysée. Le même peine aujourd’hui à définir clairement la position de la France vis-à-vis de la Chine dans l’affaire du Tibet et des Jeux olympiques. Il adopte  un jour  la posture « droit de l’hommiste », le lendemain privilégie la realpolitik. Après avoir tour à tour remis en cause puis justifié la présence militaire française en Afghanistan, il décide aujourd’hui de la renforcer. En politique intérieur, le chef de l’Etat godille sur le RSA, se déjuge sur Gandrange, annonce la semaine passée un projet de rationalisation supposé ne rien à voir avec un plan de rigueur et décide cette semaine une mise en cause des dépenses de santé qui ressemble à s’y méprendre à une cure d’austérité.

 

            Pas facile pour les ministres de savoir à quel saint se vouer. Malaisé dans ces conditions de ne pas céder au chacun pour soi.

 

            Le résultat est cette action gouvernementale à voix discordante et cette équipe de ministres à couteaux tirés.

 

            Dernier avatar de cette gouvernance chaotique : ces OGM… « objets gouvernementaux de mésentente »(sic)  qui ont valu à Nathalie Kosciusko Morizet d’être doublement punie : interdite aujourd’hui d’Assemblée - chose rare sinon inédite, et privée en fin de semaine d’un voyage au Japon  en compagnie du Premier ministre après avoir été sommée de formuler des excuses publiques à l’adresse de Jean-François Copé et de Jean-Louis Borloo !

              La secrétaire d'Etat et nouvellement promue secrétaire générale adjointe de l'UMP avec Xavier Bertrand mise au coin par le Premier ministre telle une écolière prise en défaut, voilà qui n'est pas ordinaire !

 

 

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de la mata jeanpaul 20/04/2008 01:59

Et elle sort de polytechnique en plus ?

Ce qui voudrait dire qu'elle est bête aussi alors ?

Il faut le faire : traiter un ministre de lâche et présenter des excuses après ?

Chez certains politiques ,qu'ils soient de droite ,de gauche ou de tout ce que vous voulez ,et, si en plus ils sortent de polytechnique , quand ils font et disent des conneries ...eh bien ils sont comme tout le monde ..."peut-on dire aussi qu'ils se font niquer ?"

 

 

Gilles 13/04/2008 18:37

Il me semble que l'on bien vite oublié le  carton jaune et la punition de un mois sur la touche de Arnaud Montebourg.

Alceste 11/04/2008 10:23

SylvieEn vous lisant, et en vous approuvant, je me rends compte que mon propos sur la « saine » colère est en effet ambigu. Il ne voulait pas mettre en cause la sincérité de Mme Kosciusko Morizet, dont précisément, en la circonstance, j’apprécie l’action. Il voulait seulement mettre le doigt sur la façon, à la limite du machiavélisme, dont ce gouvernement exploite les éclats (prévisibles) de telle ou telle personnalité pour les retourner in fine à son avantage, et cela contre toute raison. Même si la manipulation de l’opinion n’est pas une pratique nouvelle, il semble bien, hélas ! que nous avons affaire à des experts, comme nous le savons du reste depuis le coup de la fameuse « ouverture ».

sylvie 11/04/2008 09:00

Quand on travaille, que l'on a des convictions et que l'on sent le ministre, qui après avoir laissé croire que les choses avanceraient, finir par lâcher tout ...on crie à l'injustice, au gâchis. Je l'ai vécu à un niveau moindre avec le projet Galileo et ... j'ai lâchement tout lâché. Pour cette raison, j'ai dû mal à mettre cet épisode de N. Morizet dans la lignée des "saines" colères  et que je la range dans celle des vraies saines colères.

 

vivarais 10/04/2008 18:03

Je vous trouve toujours aussi clair et solide dans vos écrits;mais un peu moins mesuré et équitable dans vos jugements sur le pouvoir.

A vous entendre:"improvisation,désinvolture,gouvernance incertaine,chamaillerie,..." seraient les mamelles de ce gouvernement et de son président.

Que la Fance adapte à l'époque,son engagement dans l'OTAN n'a rien de médiocre bien au contraire.

Que la France travaille,sans humilier la Chine,à favoriser le dialogue avec le Dalaï-Lama,sera bien plus efficace que d'afficher à 4 mois des jeux la position définitive du boycott,plus facile et surtout plus démagogique,face à l'opinion;mais surtout brutale,et qui se coupe du dialogue.Je ne vois rien d'incertain dans cette position,qui je vous l'accorde n'est pas celle de Madame Royal.

Permettez moi de douter des disputes Président/Premier Ministre, qui relèvent surtout du cancan de couloir mal intentionné.

Bien à vous quand même: