Chine et JO : les hésitations du président

Publié le par blog-pl-seguillon

 

Il va être difficile pour le président de la République de longtemps maintenir le flou qu’il cultive vis-à-vis des jeux olympiques de Pékin.

Ceci pour une double raison.

Nicolas Sarkozy ne peut plus se prévaloir de sa future condition de président de l’Union européenne au moment de l’ouverture des jeux olympique en août prochain pour différer sa décision. Les capitales européennes, en effet, ont déjà réagi en ordre dispersé. Chacun en fait à sa tête. La chancelière Angela Merkel a d’emblée expliqué qu’elle n’avait jamais envisagé de se rendre à Pékin. Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, après avoir assuré  qu’il participerait à la cérémonie d’ouverture des Jeux, a annoncé ce jour qu’il ne s’y rendrait pas pour des raisons d’emploi du temps mais serait présent à la clôture pour assurer le relais avec les Jeux de 2012 sis en Grande Bretagne. Son homologue polonais a de son côté prévenu qu’il bouderait la cérémonie d’ouverture. D’autres membres de l’Union jouent l’attentisme et bon nombre rejoignent la position du Parlement européen. Ce dernier a adopté une résolution appelant à boycotter l’ouverture des Jeux si les Chinois n’avaient pas d’ici là repris langue avec le Dalaï Lama.

Il est une deuxième raison qui rend difficile l’actuelle discrétion du chef de l’Etat.

Non seulement les autorités chinoises, avec d’ailleurs semble-t-il le soutien de leur opinion nationale, n’ont pas reculé d’un pouce mais elles semblent durcir encore leur position. Pékin a renvoyé dans ses cordes le président du CIO qui avait rappelé aux Chinois les engagements qu’ils avaient pris avant l’attribution des Jeux. Jacques Rogg a été prié par ses interlocuteurs chinois "de ne pas politiser les Jeux"! De son côté, Louise Arbour, le Haut commissaire aux droits de l’homme de l’ONU  n’a pas obtenu l’autorisation de se rendre au Tibet. Dans le même temps,  les Chinois poursuivent la répression au Tibet mais aussi dans d’autres provinces comme le Xin Jiang musulman.

Le tort de Nicolas Sarkozy est de n’avoir pas cherché dès le départ à adopter une position claire et nette avec ses partenaires européens quitte, s’il n’y parvenait,  à prendre acte de l’impossibilité d’un accord et à faire valoir dès lors une position française.

Partagé entre ses engagements initiaux en faveur de la défense des droits de l’homme et les nécessités d’une realpolitik, le chef de l’ Etat a hésité. Il est resté longtemps silencieux puis s’est contenté d’appeler mollement son homologue chinois à faire preuve  de «  plus de retenue » et à reprendre le dialogue avec le Dalaï Lama avant enfin d’expliquer qu’il adapterait sa position à l’évolution de la situation et qu’il «  maintenait ouverte toutes les options ».

Les effets de cette diplomatie hésitante ne sont guère concluants pour le moment. On ne voit pas qu’elle ait eu un quelconque résultat sur le comportement des autorités chinoises. Elle a été cause d’une belle cacophonie gouvernementale avec les déclarations de Rama Yade calibrées à l’Elysée mais qui n’ont pas été assumées par Nicolas Sarkozy. Elle s’est traduite enfin par le spectacle dérisoire et rocambolesque de la procession dans Paris de la flamme olympique gardée par plusieurs milliers de policiers afin de ne pas créer d’incidents avec les Chinois mais assaillie par des centaines de manifestants encouragés par les hésitations du président.

Demeurer dans l’ambiguïté peut paraître un temps confortable. En sortir est désormais autrement difficile.

 

Publié dans blogpls

Commenter cet article

Armand Gaillot 14/04/2008 19:50

je suis surpris de votre interprétation de suppression de la carte famille nombreuse, partagée par tous...est-ce voulu ? ou alors vous n'écoutez pas bien ! Moi j'ai tout de suite compris que ce qui était supprimé, c'était la compensation par l'état des sommes que représente cette carte, mais pas la carte elle même. La SNCF bénéficiaire maintenant étant à même de  supporter cette dépense ! il faut écouter les informations dans leur totalité et non pas foncer dans la désinformation quand on a cru comprendre une information d'aprés ses premires mots sans attendre la fin des phrases. Avec la langue allemande ce serait bien pire car le verbe est rejeté à la fin de la phrase ! que de faux sens et même de contre- sens ne commet -t-on pas en procédant ainsi ! de grace soyez sérieux !

 

 

jerome 12/04/2008 20:11

A propos du Tibet. Le Tibet est chinois depuis le quatorzième siècle. Lhassa était sous autorité chinoise puis mandchoue avant que Besançon ou Dôle soient sous l’autorité des rois de France. Parler « d’invasion » en 1959 pour qualifier un évènement à l’intérieur de la révolution chinoise est aberrant. Dit-on que la France a « envahi » la Vendée quand les armées de notre République y sont entrées contre les insurgés royalistes du cru ? Le Dalaï Lama et les autres seigneurs tibétains ont accepté tout ce que la Chine communiste leur proposait et offrait, comme par exemple le poste de vice président de l’assemblée populaire que « sa sainteté » a occupé sans rechigner. Cela jusqu’au jour de 1956 où le régime communiste a décidé d’abolir le servage au Tibet et régions limitrophes. Dans une négation des traditions, que j’approuve entièrement, les communistes ont abrogé les codes qui classaient la population en trois catégories et neuf classes dont le prix de la vie était précisé, codes qui donnaient aux propriétaires de serfs et d’esclaves le  droit de vie, de mort et de tortures sur eux.  On n’évoque pas le satut des femmes sous ce régime là. Mais il est possible de se renseigner si l’on a le coeur bien accroché. L’autorité communiste a mis fin aux luttes violentes entre chefs locaux du prétendue paradis de la non violence ainsi qu’aux divers châtiments sanglants que les moines infligeaient à ceux qui contrevenaient aux règles religieuses dont ils étaient les gardiens. La version tibétaine de la Charria a pris fin avec les communistes. La révolte de 1959 fut préparée, armée, entretenue et financée par les USA dans le cadre de la guerre froide. Voila ce qu’il en est des traditions charmantes du régime du Dalaï Lama avant les communistes et de l’horrible « invasion » qui y a mis fin.  Depuis, la scolarisation des enfants du Tibet concerne 81% d’entre eux là où il n’y en avait que 2% au temps bénis des traditions. Et l’espérance de vie dans l’enfer chinois contemporain prolonge la vie des esclaves de cette vallée de larmes de 35, 5 à 67 ans. En foi de quoi l’anéantissement des tibétain se manifeste par le doublement de la population tibétaine depuis 1959 faisant passer celle-ci de un million à deux millions et demi. Pour tout cela, la situation mérite mieux, davantage de circonspection, plus de respect pour les chinois que les clichés ridicules que colportent des gens qui ne voudraient ni pour eux, ni pour leur compagne ni pour leurs enfants d’un régime aussi lamentable que celui du roi des moines bouddhistes du Tibet. A l’heure actuelle je n’éprouve aucune sympathie pour « le gouvernement en exil du Tibet » dont sa sainteté est le décideur ultime sur pratiquement toutes les questions, où siège un nombre de membres de sa famille qu’il est tout à fait inhabituel de trouver dans un gouvernement, même en exil, sans parler de leur présence aux postes clefs de la finance et des affaires de cet exil. Je respecte le droit de sa sainteté de croire ce qu’elle veut et à ses partisans de même. Mais je m’accorde le droit d’être en désaccord total avec l’idée de leur régime théocratique. Je suis également hostile à l’embrigadement d’enfants dans les monastères. Je suis opposé à l’existence du servage. Je suis laïque partout et pour tous et donc totalement opposé à l’autorité politique des religieux, même de ceux que l’album "Tintin au Tibet" a rendu attendrissants et qui ne l’ont pourtant jamais été. Je désapprouve aussi les prises de position du "roi des moines" contre l’avortement et les homosexuels. Même non violentes et entourées de sourires assez séducteurs, ses déclarations sur ces deux sujets sont à mes yeux aussi archaïques que son projet politique théocratique.  Je n’ai jamais soutenu l’Ayatollah Khomeiny, même quand j’étais contre le Shah d’Iran. Je ne soutiens pas davantage ni n’encourage le Dalaï Lama, ni dans sa religion qui ne me concerne pas, ni dans ses prétentions politiques que je désapprouve ni dans ses tentatives cecessionistes que je condamne.  Je demande: pourquoi  pour exercer sa religion et la diriger le Dalaï Lama aurait-il besoin d’un Etat ? Un Etat qui pour être constitué demanderait d’amputer la Chine du quart de sa surface! Son magistère moral et religieux actuel souffre-t-il de n’être assis sur aucune royauté ?

jerome 12/04/2008 14:27

PETIT RAPPEL : A propos du Tibet. Le Tibet est chinois depuis le quatorzième siècle. Lhassa était sous autorité chinoise puis mandchoue avant que Besançon ou Dôle soient sous l’autorité des rois de France. Parler « d’invasion » en 1959 pour qualifier un évènement à l’intérieur de la révolution chinoise est aberrant. Dit-on que la France a « envahi » la Vendée quand les armées de notre République y sont entrées contre les insurgés royalistes du cru ? Le Dalaï Lama et les autres seigneurs tibétains ont accepté tout ce que la Chine communiste leur proposait et offrait, comme par exemple le poste de vice président de l’assemblée populaire que « sa sainteté » a occupé sans rechigner. Cela jusqu’au jour de 1956 où le régime communiste a décidé d’abolir le servage au Tibet et régions limitrophes. Dans une négation des traditions, que j’approuve entièrement, les communistes ont abrogé les codes qui classaient la population en trois catégories et neuf classes dont le prix de la vie était précisé, codes qui donnaient aux propriétaires de serfs et d’esclaves le  droit de vie, de mort et de tortures sur eux.  On n’évoque pas le satut des femmes sous ce régime là. Mais il est possible de se renseigner si l’on a le coeur bien accroché. L’autorité communiste a mis fin aux luttes violentes entre chefs locaux du prétendue paradis de la non violence ainsi qu’aux divers châtiments sanglants que les moines infligeaient à ceux qui contrevenaient aux règles religieuses dont ils étaient les gardiens. La version tibétaine de la Charria a pris fin avec les communistes. La révolte de 1959 fut préparée, armée, entretenue et financée par les USA dans le cadre de la guerre froide. Voila ce qu’il en est des traditions charmantes du régime du Dalaï Lama avant les communistes et de l’horrible « invasion » qui y a mis fin.  Depuis, la scolarisation des enfants du Tibet concerne 81% d’entre eux là où il n’y en avait que 2% au temps bénis des traditions. Et l’espérance de vie dans l’enfer chinois contemporain prolonge la vie des esclaves de cette vallée de larmes de 35, 5 à 67 ans. En foi de quoi l’anéantissement des tibétain se manifeste par le doublement de la population tibétaine depuis 1959 faisant passer celle-ci de un million à deux millions et demi. Pour tout cela, la situation mérite mieux, davantage de circonspection, plus de respect pour les chinois que les clichés ridicules que colportent des gens qui ne voudraient ni pour eux, ni pour leur compagne ni pour leurs enfants d’un régime aussi lamentable que celui du roi des moines bouddhistes du Tibet. A l’heure actuelle je n’éprouve aucune sympathie pour « le gouvernement en exil du Tibet » dont sa sainteté est le décideur ultime sur pratiquement toutes les questions, où siège un nombre de membres de sa famille qu’il est tout à fait inhabituel de trouver dans un gouvernement, même en exil, sans parler de leur présence aux postes clefs de la finance et des affaires de cet exil. Je respecte le droit de sa sainteté de croire ce qu’elle veut et à ses partisans de même. Mais je m’accorde le droit d’être en désaccord total avec l’idée de leur régime théocratique. Je suis également hostile à l’embrigadement d’enfants dans les monastères. Je suis opposé à l’existence du servage. Je suis laïque partout et pour tous et donc totalement opposé à l’autorité politique des religieux, même de ceux que l’album "Tintin au Tibet" a rendu attendrissants et qui ne l’ont pourtant jamais été. Je désapprouve aussi les prises de position du "roi des moines" contre l’avortement et les homosexuels. Même non violentes et entourées de sourires assez séducteurs, ses déclarations sur ces deux sujets sont à mes yeux aussi archaïques que son projet politique théocratique.  Je n’ai jamais soutenu l’Ayatollah Khomeiny, même quand j’étais contre le Shah d’Iran. Je ne soutiens pas davantage ni n’encourage le Dalaï Lama, ni dans sa religion qui ne me concerne pas, ni dans ses prétentions politiques que je désapprouve ni dans ses tentatives cecessionistes que je condamne.  Je demande: pourquoi  pour exercer sa religion et la diriger le Dalaï Lama aurait-il besoin d’un Etat ? Un Etat qui pour être constitué demanderait d’amputer la Chine du quart de sa surface! Son magistère moral et religieux actuel souffre-t-il de n’être assis sur aucune royauté ?

Alceste 11/04/2008 19:53

En août dernier, l’enfer d’un des plus terribles incendies que la Grèce ait connus avait menacé la pente herbue du stade d’Olympie. Etait-ce un signe ? L’actualité en tout cas met chaque jour sous nous yeux des ruines couvertes de cendres, comme si s’éloignaient à jamais les vers de Georges Séféris :

Je suis né à Olympie !J'ai fait mes premiers pas sur la poussière millénaire sous l'ombre grandiose des ruines sacrées.J'ai joué dans le stade antique, sur la terre foulée par les dieux et les héros.J'ai entendu les pierres raconter au vent les mythes et les légendes.Sous la lumière pâle et reposante du soleil couchant ou dans l'éclat du soleil de l'été,Mes yeux innocents considéraient comme naturelle la beauté indicible des statues et des monuments.Naturel comme le mouvement de la mer et l'odeur des pins.L'Hermès de Praxitèle. La Victoire de Paionios. Le Temple d'Héra. L'Autel de Zeus.Et dans mes rêves j'ai vu la Victoire me couronner d'un rameau d'olivier sauvage.Je suis né à Olympie !Et dès mes premiers pas, je me heurte à l'histoire.Les statues m'ont appris la beauté et m'ont enseigné la sérénité.Je perçois avec mes doigts le toucher de Praxitèle sur les pierres.Je caresse les colonnes lézardées et vois le soleil avec des yeux nouveaux.Un jour, ici, s'est battu Heraclès.Un jour, ici, a marché Diagoras. (1)Un jour, ici, est né l'Esprit Olympique.La flamme sacrée s'est allumée et l'humanité s'est couverte de lumière.Et la voie qui mène à l'humanisation de l'homme s'est ouverte.

De la flamme sacrée il nous a été montré un dérisoire feu follet. Quant à la voie qui mène à l’humanisation de l’homme, elle est vouée à être celle des compromissions (qu’on appelle diplomatie). Pourtant, n’en doutons pas, les dieux nous attendent pour la grandiose liturgie (qu’on n’appelle pas propagande) et les feux d’artifice n’auront jamais si bien porté leur nom. Du côté des Droits de l’Homme, rien à craindre. Quand on voyage en Chine, on parle au pire, depuis la campagne présidentielle, de droits humains. Cela ménage les susceptibilités et préserve la sacro-sainte souveraineté des Etats. Restent les jeunes athlètes, bien sûr, tous purs comme l’or, bien sûr. Des héros bien à plaindre, en fait. Drôle d’époque que la nôtre, drôle de langue que la nôtre, qui ne laisse même plus imaginer ce que pouvait signifier le regret du romantique Lorenzo : « Ma jeunesse a été pure comme l’or » (2)

(1) Un des plus célèbres pugilistes de l’antiquité, chanté par Pindare(2) Musset, Lorenzaccio

Alain 11/04/2008 15:52

Les jeux Olympiques en Chine

Ce peut-il que vous nous informiez dignement ?

() Vous écrivez « Le chef de l’Etat ne peux plus se prévaloir de sa future condition de Président de l’Union européenne ».

Désolé, l'appellation et la responsabilité de  « Président de l’Union européenne » n’existe pas, ni aujourd’hui, ni l’année prochaine après je l’espère l’application des nouvelle dispositions du traité de Lisbonne. Nicolas Sarkozy sera le Président du Conseil européen, nuance importante pour les 27 membres de l’UE qui disposent de plusieurs autorités.

Quand il sera en poste, à partir de juillet 2008, il ne saurait pouvoir décider d’une démarche quelconque au nom de l’Europe sans l’accord du Conseil européen.

() Vous écrivez « Le tort de NS est de n’avoir pas cherché dés le départ à adopter une position claire et nette avec ses partenaires ». N’avez-vous pas lu les déclarations du Parlement européens et des grands partenaires dont les Etats-Unis, toutes appellent dans les mêmes termes à la modération et à la reprise du dialogue avec le Dalaï-lama. Le Chef de l’Etat se situe exactement à cette convergence. Ne savez-vous pas, ne comprenez-vous pas que ces déclarations similaires n’étaient pas le fruit du hasard ?

() Vous écrivez « La flamme olympique assaillie par des centaines de manifestants encouragés par les hésitations du président ». Il a bon dos notre Président avec vous, et vous ne manquez pas d’air !

Les actions de RSF en Grèce c’est la faute à Sarko, les violences à Londres et Paris c’est la faute à Sarko, les évènements et perturbations à San Francisco mais oui, c’est la faute à qui, la faute à qui ? Aller tous en cœur, tout, tout est de la faute à…..Nicolas Sarkozy ! Oui ! Vous aussi vous faites dans le culte sectaire, bravo c’est réussi, une semaine où on pourra dire que vous aurez enfilé de belles perles.

 La dignité de l’information, cher PLS il vous faut continuez de travailler « votre changement de pied », petit Ronaldino

Cordialement, Alain