Les mutuelles probablement davantage mises à contribution

Publié le par blog-pl-seguillon

   

Au cours du Grand Jury, hier soir, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, pressée par nos questions sur la manière dont elle allait pouvoir réaliser les 3 milliards d'euros d'économie sur les dépenses d'assurance maladie demandés par son collègue du budget en 2009,  a évoqué la possibilité d'un transfert de certaines dépenses relevant aujourd'hui de la solidarité - donc de l'assurance maladie, vers les organismes complémentaires , autrement dit les mutuelles et les assurances. La ministre a néanmoins refusé, durant l'émission, de préciser les dépenses qui pourraient être concernées par ce transfert. Off, elle a évoqué certaines dépenses touchant à l'optique ou à des soins dentaires déjà peu remboursés par l'assurance maladie.

  Estimez-vous que ce sont là des pistes d'économie judicieuses qui ne remettent pas en cause le principe de la solidarité sur lequel est fondé notre système de santé. Pensez-vous au contraire qu'il s'agit là, avec notament le principe des franchises instaurés depuis le 1ier janvier, d'une mesure dangereuse , première étape vers une progressive individualisation de l'assurance maladie?

  Le débat est ouvert autour de ce possible, voire probable changement d'équilibre entre assurance maladie et mutuelles complémentaires. Vos réactions contribueront à donner la température de l'opinion sur ce sujet de société qui concerne tout un chacun.

 

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Bea 21/04/2008 21:04

Cher Gilles,

Merci de vos compliments qui me vont droit au coeur! Ah enfin quelqu'un de drole sur ce blog, ca fait plaisir :) mais  qui vous a dit que je parlais de vous en parlant des Sarkozistes? Et je disais du bien des sarkozistes en plus !

Continuez mon brave: vous donnez une tres belle image des gens que vous soutenez, qui qu'ils soient !

Gilles 21/04/2008 11:40

@ Bea,

Il ne me semble pas que nous ayons gardé les chèvres ensemble, mais je ne suis pas surpris du manque d’éducation et de respect, lisant vos commentaires.

Quand à « Ah qu'ils sont sympas ces sarkozistes....c'est fou! », si vous deviez vous reconvertir en Madame Irma vous ne feriez pas fortune, vous devriez changer de boule de cristal.

Raté !!!

Mais vrai pour certain esprit un peu limité, quand on est pas d accord on l’étiquette de Sarkozyste, facile, mais décevant !!!

 





 



 

Bea 20/04/2008 23:23

Cest bien Gilles, tu auras un bon point et meme une image! :)

Ah qu'ils sont sympas ces sarkozistes....c'est fou!

Claude 19/04/2008 23:05

Bonsoir Olivier,

Comme je le disais, les cotisations patronales sont légalement à la charge des employeurs.

Cependant, dans la réalité des choses, pour un employeur, le salaire d'un salarié correspond à ce qu'il dépense en échange de son travail. Un salaire est la totalité du prix d'un travail. C'est l'addition du salaire direct et du salaire indirect. Le salaire direct, c'est le salaire de base, contractuel, auquel s'ajoutent les suppléments de salaire (heures sup, primes, etc.) et les indemnités, La part de salaire qui représente les congés payés est généralement différée et est provisionnée par l'employeur chez l'employeur ou chez une caisse appropriée.

Le salaire indirect est l'ensemble des cotisations de l'employeur payées pour le compte du salarié aux mêmes organismes que les cotisations du salarié. Ce salaire indirect est la propriété du salarié, individuellement ou collectivement. Le détourner correspond à un ABS (Abus de bien social).

Les entreprises qui ne sont pas assujetties à la TVA paient une taxe sur les salaires. Cette taxe participe au coût du travail mais est une taxe au même titre que la TVA. Elle ne participe pas au salaire indirect. Je ne la cite donc que pour mémoire.

C'est la raison pour laquelle on dit qu'augmenter les charges patronales consiste en réalité à augmenter le salaire indirect. Au nom de l'avantage acquis, l'entreprise qui serait fondée à le faire ne retient pas cette augmentation du salaire indirect sur le salaire direct. Elle l'assume dont jusqu'à l'heure des augmentations et n'augmentera le plus souvent son salarié que de l'augmentation prévue moins l'augmentation de charges qu'elle a assumée jusque là. Les coûts de l'entreprise sont pénalisés pendant 6 mois en moyenne. Dans un budget le coût salarial ne doit pas augmenter pour ne pas déséquilibrer le budget.

A la naissance du système des prélèvements sociaux, le législateur avait souhaité par ce système compliqué (nous sommes les champions de la complexité des paies et j'ai fait fortune grâce à ça) pour ne pas faire supporter les prélèvements d'un seul coup (baisse brutale du pouvoir d'achat dont l'employeur prenait une partie en charge puis établissait sa politique salariale en tenant compte de ça). Le système français se complique sans cesse et cela coûte très cher aux entreprises qui doivent adapter ses outils informatiques en permanence

Le système est très opaque.

Les employeurs sont en charge des augmentations de charges pour la période entre l'augmentation d'un taux de cotisation et la retenue de cette variation sur la prochaine augmentation du salarié. Pendant cette période il augmente ses prix en conséquence (l'augmentation de prix est amplifiée par l'application de coefficients majorateurs par les détaillants). Puis quand il compense sur le salaire de son salarié il "oublie" de rebaisser ses prix partant du principe que l'augmentation couvrira les aléas de son marché. C'est donc un facteur d'inflation. 

Le salarié croit que l'augmentation des charges est payée par son patron. Il réclame donc des augmentations de charges par l'intermédiaire de son syndicat ou de son parti politique puisqu'il croit que cela ne lui coûte rien et qu'il pense que ça va régler les problèmes du pays sans qu'il ait d'effort à faire. Comme son patron ne l'augmente pas autant que ce qu'il espérait, il l'accuse de pingrerie et d'exploitation des masses laborieuses. 

Il serait plus clair pour tout le monde que le salaire indirect soit payé au salarié sur son bulletin de salaire (dans ce que nous appelons le salaire brut) puis que l'on lui retienne au même titre que les cotisations que nous appelons "part salariale". Le salaire payé au salarié ne changerait pas par rapport à aujourd'hui et le salaire imposable non plus.

Un accroissement des cotisations sociales ferait diminuer le salaire brut et donc le salaire net. Les salariés ne seraient plus aussi désinvoltes face à l'accroissement des prélèvements obligatoires. Les entreprises n'augmenteraient plus leurs prix même momentanément puisque les aggravations des cotisations sociales ne pénaliseraient plus leurs coûts. Elles n'auraient plus aucune raison d'avoir des allègements de charges sociales et si l'Etat devait avoir de bonnes raisons (probablement mauvaises) d'aider une entreprise ce serait au travers de subventions (respectueuses de la concurrence qui doit rester loyale).

Les cotisations sociales sont un moyen de prélever une partie de la Valeur Ajoutée pour financer la prévoyance et la protection sociale. Les importations ne participent donc pas à l'effort. C'est la raison pour laquelle il faut sans doute prendre du pouvoir d'achat aux consommateurs de produits importés (TVA sociale par exemple) et de rendre la part correspondante aux salariés qui participent à la valeur ajoutée en France. Ce débat aura lieu un jour ou l'autre.

Voilà, c'est un peu long mais je crois que c'est presque complet.

Cordialement,Claude

PS - on appelle souvent et improprement (moi aussi par distraction) le total du coût salarial "salaire réel". Cette appellation ne correspond pas à ça. Le salaire réel est le salaire net reçu corrigé de la variation des prix (généralement l'inflation). Si l'augmentation du salaire net correspond à l'augmentation du coût de la vie, le salaire réel n'a pas varié.

Claude 19/04/2008 14:37

Bonjour P. Ferrenq,

Vous agressez les entrepreneurs, les actionnaires d'entreprises, les rentiers, etc. d'une manière peu civilisée et cela vous choque quand on vous répond avec détermination. Cela prouve bien que vous n'avez pas le sens commun. Ou alors c'est un sens unique.

J'avais deviné que vous étiez syndicaliste dès votre première intervention. Sinon je l'aurai compris depuis car vous compensez la logique quand elle vous dérange par de la dialectique.

Je n'ai jamais mis en cause les salariés mais les responsables syndicaux français en général et vous en particulier (sans que ce soit un jugement de valeur, je ne me le permettrai pas).

Je n'ai pas tout le temps nécessaire pour vous répondre d'une manière détaillée et je vous prie d'attendre ce soir.

D'ici là réfléchissez quand même pour savoir qui sont les "actionnaires finaux" (les entreprises non financières qui possèdent des actions sont des actionnaires "poupées russes").

Réfléchissez aussi à la notion de rentes (quel rapport avec la Prefon ?).

Etc.

Claude