crise alimentaire: responsabilité partagée

Publié le par blog-pl-seguillon

 

            La crise alimentaire est un fait avéré. Elle est mondiale. Elle promet d’être durable. En l’espace de quelques années, les prix des matières premières agricoles ont flambé. Les cours du maïs et du soja s’envolent. Ceux du blé et du riz ont doublé en l’espace d’un an.

            Les raisons de cette crise sont connues. Elles  ont été inventoriées. La démographie mondiale ne cesse d’augmenter. Les bouches à nourrir sont plus nombreuses que jadis.  Le décalage entre l’offre et la demande augmente. Les pays émergents et leurs classes moyennes naissantes exigent d’avantage que par le passé. C’est le cas des populations asiatiques et indiennes. A l’inverse une partie des surfaces cultivées a été préemptée pour produire des biocarburants sensés compenser un pétrole de plus en plus cher. L’envolée du prix du brut a des répercussions négatives indirectes  dans le domaine agricole. Elle entraîne renchérissement du coût des transports, un accroissement des dépenses de carburant pour faire fonctionner les machines agricoles et une augmentation du prix des engrais.

            Les conséquences de cette crise sur la scène mondiale  sont prévisibles . Elle seront humaines, sociales, économiques et politiques : famines, émeutes, accentuation des disparités, déstabilisation des gouvernements voire conflits armés…

           Le remède est évident. Il est mondial et ne peut résulter que du croisement de plusieurs traitements. Un médication d’urgence : le Programme Alimentaire Mondial  ( PAM)  réclame 500 millions de dollars supplémentaires pour maintenir l’aide alimentaire sur le court terme.  Des remèdes de fond et de long terme sont également indispensables : l’accroissement de la production mondiale de matières premières agricoles, la remise en cause des protections et des subventions dont bénéficient les agriculteurs des pays riches, la défense à l’inverse des cultivateurs des pays en voie de développement pour que renaissent les culture vivrières.

         Dès lors que la solution est mondiale à l’instar de la nature de la crise, la responsabilité de sa recherche doit être partagée et coordonnée.

         Solliciter l’aide des grands pays occidentaux est justifié. A une condition toutefois, que les fonds souverains qui se sont largement nourris de la croissance des recettes pétrolières, comme c’est le cas pour les  producteurs du Moyen-Orient et de la Russie, ou de l’envolée de leurs exportations,  comme il en va pour la Chine, Singapour et l’Inde, soient  également mis à contribution. Les sommes nécessaires à la résolution de la crise alimentaire sur la durée sont évaluées à quelques dizaines de milliards de dollars. Une goutte d’eau au regard des 3000 milliards de dollars cumulés par  les fonds souverains !

         Demander aux agriculteurs américains et européens de renoncer à leurs subventions n’est pas illégitime. Mais réclamer des dirigeants de nombreux pays pauvres qu’ils cessent de détourner au profit de leur fortune personnelle  les subventions accordées à leurs peuples est un impératif éthique autant qu’économique.

        Revoir l’équilibre et la répartition des productions agricoles sur la planète est sans doute nécessaire. Mais cela ne saurait être que la résultante d’un compromis mondial.

        La responsabilité de la crise est partagée. Son traitement se doit également de l’être.

           

 

 

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Claude 25/04/2008 14:32

Désolé de vous décevoir, Béa, j'habite dans les Yvelines. Mais Montcuq est un endroit tout à fait sympathique pas très éloigné de la petite exploitation agricole que j'avais dans le département juste à côté.

Bea 25/04/2008 11:43

ahahhahhaha, ca vous va bien , cher Claude, d'habiter à Montcuq :)

Jerome L. 25/04/2008 09:51

"Je ne connais pas d'agriculteur qui ne se plaigne pas" Vous les connaissez tous peut-etre? Cher Claude, votre mail ne m'a guere convaincu, et tout aussi meprisant que le premier, et me confirme ce que je pensais deja de vous! Jerome L.

Claude 24/04/2008 21:13

Jérôme,

Vous avez raison. Si je vous ai blessé je vous en demande pardon. Si vous suiviez ce blog vous sauriez que Béa est chaque jour un peu plus grossière. J'ai longtemps eu des réponses assez modérées quand on connait mon tempérament assez... vivant.

Trop c'est trop et c'est vrai que je suis sorti de mes gonds. Comme elle seule était visée, je regrette de vous avoir choqué.

Ceci étant dit :

C'est vrai que vous êtes les jardiniers de notre nature. Mais il serait plus sain et plus honnête de vous donner un salaire pour ce travail que de vous subventionner pour des produits dont vous faussez le marché. Au travers de vos organisations professionnelles et syndicales vous avez votre part de responsabilité dans la grave crise actuelle.

Je connais bien le monde agricole pour avoir eu une petite exploitation à l'intersection du Tarn & Garonne, du Lot et du Lot & Garonne (encore dans le Quercy blanc) et pour avoir eu comme client (informatique) plusieurs Fédérations agricoles notamment des premières terres agricoles de France (dont ne fait malheureusement pas partie l'Auvergne).

A ce titre je peux relever plusieurs erreurs dans ce que vous dites.

Je ne connais pas d'agriculteur qui ne se plaigne pas (le fameux sketch "ça a eu payé mais ça ne paye plus" n'est pas venu sans raison). J'en ai même entendu se plaindre (par exemple, des amis auxquels j'achète mon vin) de ne pas pouvoir pratiquer certaines déductions fiscales parce qu'ils ne payaient pas d'impôts (malgré 80 hectares de fruitiers et 40 hectares de Cahors). Bien sûr tous n'ont pas des exploitations de cette taille là. En fait j'en connais qu'un qui ne se plaint pas, dans l'Aisne. C'est un industriel de l'agriculture.

C'est bien vous qui décidiez contre l'avis des services techniques de vos Fédérations d'utiliser plus de pesticides et plus d'engrais que nécessaire. L'appât du gain est très fort surtout avec les subventions. C'est bien de mieux prendre en compte la nature mais c'est trop tard.

Personne ne vous a encouragé à vous endetter (mon banquier est encore le Crédit Agricole de Montcuq). C'est encore l'appât du gain.

C'est vrai que comme vous représentiez une force électorale importante, les français ont payé assez cher le soutien que vous étiez susceptibles d'apporter aux gouvernements.

Loin de moi l'idée de dévaloriser votre profession mais il faut constater que des pays comme les Pays-bas ou l'Espagne ont modernisé leur agriculture comme vous n'avez jamais su le faire faute d'intérêt pour les efforts puisque globalement vous viviez correctement.

Cordialement,Claude

Claude 24/04/2008 20:45

Evelyne,

Vous êtes en retard de plusieurs famines.

Celle ci ne correspond pas du tout à ce que vous décrivez. Vous sortez les vieux schémas obsolètes.

Les causes des pénuries actuelles sont tellement connues et font l'objet de tant d'explications qu'il est difficile de trouver quelqu'un de cultivé qui ne soit pas au courant.

Pour schématiser, les chinois mangent de mieux en mieux et ce n'est pas prêt de s'arrêter. Les indiens sont de plus en plus nombreux et mangent de mieux en mieux et ce n'est pas prêt de s'arrêter.

L'Afrique a une démographie galopante comme jamais elle ne l'a eu. L'état sanitaire de l'Afrique qui est encore déplorable a fait de nombreux progrès qui se traduisent par une augmentation de la population sans précédent sur le continent. Et ces gens qui produisent peu de nourriture mangent.

Les pays producteurs de denrées alimentaires ont réduit leurs surfaces de culture (carburant vert et jachères).

Les pays à faible revenu ne mettent pas en culture des surfaces importantes car le cours mondial des denrées alimentaires n'étaient pas assez élevé (avant la crise actuelle) pour justifier les investissements à faire et les risque de chute des cours (sous la pression notamment des subventions agricoles (Europe, USA, Canada, etc.).

Les conditions climatiques en 2007 ont détruit pas mal de récoltes.

Etc.

Il est aussi vrai qu'il est quasiment impossible de remuer les grandes puissances pour qu'elles interviennent en faveur des pays en voie de mort de faim. Sarkozy est le premier à prendre le problème à bras le corps et au lieu de le soutenir vous le démolissez.

Cordialement,Claude