Elysée show: repentance, rigueur, réformes

Publié le par blog-pl-seguillon

            Je résumerai la prestation de Nicolas Sarkozy à trois mots : repentance, rigueur, réforme.

          

Repentance

 

           C’était l’enjeu essentiel de cette émission pour le chef de l’Etat : démontrer qu’il avait changé ! Cette opération de communication est réussie. Hier soir,  le candidat Sarkozy a enfin laissé la place au président Sarkozy. A neuf reprises le chef de l’ Etat a fait son mea culpa. Il a reconnu ses erreurs passées, absence de pédagogie, trop grande tolérance à l’endroit des dérapages ministériels, maladroite  présentation du paquet fiscal ou faux pas de carte famille nombreuses. Nicolas Sarkozy s’est surtout attaché à se détacher de son agitation coutumière au profit d’une posture réfléchie et néanmoins ferme.

            Le passé du candidat clinquant est soldé. L’ère d’un président plus sobre a commencé.

          

 Rigueur

 

          

C’était la question à laquelle une opinion préoccupé par le problème du pouvoir d’achat attendait une réponse claire. Sur ce sujet, le président n’a pas su ou n’a pas voulu répondre. Il a godillé et tergiversé. D’un côté il a évoqué la quadruple crise internationale subprime, euro, pétrole, matières premières pour justifier son impuissance à améliorer le dès maintenant quotidien, de l’autre il a néanmoins prétendu apporter quelques compensations avec une éventuelle baisse des prix dans les grandes surfaces et un hypothétique intéressement dans les PME. Mais il a refusé de dire la vérité sur la situation réelle du pays, la dette abyssale, les déficits colossaux et les comptes sociaux alarmants. Il n’a jamais voulu avouer que les choses étant ce qu’elles sont c’est bien la rigueur qui est de rigueur pour le gouvernement.

           

Réformes

 

          

C’est ce qui fera date si les paroles se traduisent en action. Nicolas Sarkozy non seulement ne  renonce pas à poursuivre les 55 réformes annoncées ou déjà ébauchées en raison de la crise internationale mais, au contraire estime qu’il convient d’en accélérer la mise en œuvre. Le chef de l’Etat persiste à les vouloir toutes mener de front. Ce qui risque d’en compromettre la visibilité.  Il se donne la fin de son mandat comme horizon. Ce qui est une manière d’annoncer aux Français qu’il n’en découvriront les fruits que dans quatre ans. Ce qui veut dire aussi que ce volontarisme présidentiel a toute chance d’être synonyme d’impopularité. 

        

 Last but not the least, j’ajouterai un quatrième mot : rétro

          

Rétro

 

         

La réalisation de l’émission était parfaite. La lumière remarquable. Le décor théâtrale  impressionnant. Les animateurs et les interviewers honnêtes. Mais cette mise en scène coûteuse, solennelle et compassée n’appartient-elle pas à un autre temps ? Dans ce registre aussi, la modernisation ne serait-elle pas  opportune ? Quand le président, plutôt que réclamer le sur mesure et de négocier avec les directions de chaîne le choix de ses interviewers, comme ce fut le cas hier, viendra-t-il, comme tout autre homme politique,  répondre simplement aux questions des journalistes sur les plateaux de télévision ? Quand le chef de l’Etat, à la manière du président américain, se soumettra-t-il régulièrement à l’exercice de la conférence de presse plutôt que de prononcer, comme il l’a fait en janvier dernier, un interminable discours suivi de quelques questions ?

 

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PierreP 30/04/2008 13:55

Le 24 avril 2008 nous avons vécu une soirée avec un Nicolas Sarkozy, qui à fait de vrais efforts pour remplir plus dignement sa tâche Présidentielle, il a répondu avec moins d'ironie aux questions des journalistes. Il faut dire que sa baisse dans les sondages, dû au mécontentement des français, l'inquiète sûrement plus, que ses amis de l'UMP ne veulent faire le croire.Les journalistes ont chaque un à leurs tours posés des questions au Président, mais rien de nouveaux n'a été apporté et les réformes prévues ne changeront pas la situation des familles les plus pauvres.Le président à reconnu que depuis l'euro la vie n'a cessé d'augmenter, mais qu'a fait le gouvernement depuis pour réglementer les prix ? rien ! Puis voilà que par une importante inflation le pouvoir d'achat des français continu de baisser et rien n'est fait pour permettre un rattrapage comme cela se faisait avant.Je pense que les gens auront compris après cette intervention du chef de l'Etat, que rien ne sera fait pour revaloriser leurs salaires, alors qu'il ont élu un Président qui promettait de les améliorer et qui par de nouvelles taxes et tout un remaniement de notre système social, a continué de les diminuer.J'en conclu que les journalistes au cours de cette confrontation, n'ont fait qu'effleurer les problèmes, sans vraiment dénoncer les mauvais coups, porté par la politique gouvernementale aux petits salaires et aux petites retraites.



http://leveil.skyrock.com/7.html

Claude 28/04/2008 09:06

Evelyne,

Je le redis, j'ai tort.

Je n'ai pas de sens critique. Je ne sais pas reconnaître quelqu'un, comme vous, qui n'avez jamais tort et j'aurai du le comprendre tout de suite. Vous vous obstinez et vous avez raison.

Sur cette histoire de carte qui vous tient à coeur, et je le comprends, je n'ai pas su trouver une différence entre là où le gouvernement avait tort et là où il se met à avoir raison. Mais vous allez m'expliquer. Car vous êtes forcément quelqu'un qui ne se contente pas de parler de logique sans la pratiquer. Donnez-moi cette différence et expliquez-moi pourquoi je ne dois pas voir dans cette sombre affaire de Carte de famille nombreuse un simple problème de communication.

Je dois avouer aussi une autre très grande faute. Pendant un temps j'avais cru qu'il y avait ceux qui pratiquaient la logique et qui faisaient maths ou informatique ou quelque chose de voisin et ceux qui ne savent qu'en parler et qui choisissent philo (je ne parle bien sûr pas des philosophes pratiquant qui sont souvent des matheux). Mea culpa...

Si par un grand extraordinaire, vous ne trouviez pas vraiment une différence, alors ne vous ridiculisez pas à l'admettre. Persistez dans votre méthode qui consiste à accuser les autres de ce dont vous ne savez pas vous défendre. Continuez à avoir raison, ça fait du bien même si vous n'arrivez qu'à convaincre les complaisants, c'est déjà pas mal.

Claude

Patrick Joly 27/04/2008 19:33

La réalisation de l'émission m'a beaucoup plu aussi. Elle faisait évoluer l'exercice habituel de communication, initié par de Gaulle.Mais je constate que certains trouvent cela complaisant. Il faut rajeunir ça, mais apparemment ce n'est pas au programme de Sarkozy. Dommage, je l'aurais bien vu moderniser ça.

evelyne44 27/04/2008 12:36

Cher Claude,

Vous confondez (ou vous voulez que les lecteurs confondent) avoir raison sur quelque chose d'objectif, comme c'est le cas de l'élève de votre exemple qui a raison en donnant la bonne réponse et qui n'a aucune raison de dire qu'il a tort et avoir raison d'adopter une attitude systématique. Ce en quoi vous n'avez pas  raison, à mon avis, c'est dans votre soutien inconditionnel à Sarkozy, dans votre totale absence de sens critique et votre volonté de tout justifer à tout prix, même quand Sarkozy lui-même admet des erreurs. A voloir être plus sarkozyste que Sarkozy, n'avez vous pas l'impression de tomber dans une caricature qui dessert votre idole plus qu'elle ne le sert en donnant l'impression que les sarkozsytes ont  mis mis leur cerveau dans l'urne avec leur bulletin de vote et ne sont plus capables que de répéter : "Sarkozy est grand et nous sommes ses prophètes !" ? Ce Mea culpa de Sarkozy n'était que l'occasion de faire réfléchir sur les dangers d'un soutien aveugle et systématique à qui que ce soit d'ailleurs.

Claude 27/04/2008 10:22

J'ai oublié de dire, chère Evelyne,

Les détails ont de l'importance mais pas trop. Ne soyez pas celle qui commente l'arrivée de l'Homme sur la lune en critiquant la couleur de la cravate du chef de projet ou le fait que la bannière américaine soit en alu pour faire croire qu'elle flotte au vent.

La transformation radicale du dialogue social, la représentativité des syndicats, la mutation de la CGT, l'assouplissement du Code du travail, la fluidification (même encore insuffisante) du marché du travail, sont des transformations qui ne font pas de bruit et que l'on n'attribuera pas forcément à Sarkozy mais qui sont bien plus importantes que la mauvaise manière de présenter un simple ajustement technique sur la façon de financer la carte de famille nombreuse par l'Etat pour sa mise en conformité avec les règles européennes.

Regardez, on a donné tort au Président de vouloir focaliser l'attention sur les multirécidivistes sexuels et il était malheureusement fatal qu'un jour ou l'autre l'actualité lui donnerait raison (même si le dernier présumé assassin sexuel ne relevait pas encore de la nouvelle loi et c'est bien dommage pour la si jolie suédoise qui en a fait les frais).

Cordialement,Claude