Sarkozy an 1: la double méprise

Publié le par blog-pl-seguillon

          Il y a un an, Nicolas Sarkozy devenait président de la République.     

       Comment expliquer, la cruelle désaffection dont est victime aujourd’hui  ce président  quasimment  plébiscité le 6 mai 2007? Pourquoi cette impopularité record  alors quele nouveau président  a davantage et sans heurt transformé ce pays en douze mois  que ne l’a fait en douze ans son prédécesseur sans grandes grèves ni tsunami social ?         

          Etudiants et professeurs étaient paraît-il allergiques à l’autonomie des Universités. Nicolas Sarkozy a vaincu leurs réticences même si la réforme est inachevée.

            La question de la réforme des retraites ferait « tomber cinq ou six gouvernements », expliquait  Michel Rocard en son temps et son homologue Alain Juppé  échoua quelques années plus tard  à aligner les régimes spéciaux sur le régime général. Nicolas Sarkozy y est pourtant  parvenu même si, dans un premier temps, cette réforme coûtera cher à l’Etat.

 

            Réécrire la législation du travail était considéré comme un exercice infaisable. Nicolas Sarkozy a su pourtant mettre autour de la table les représentants du patronat et des syndicats ouvriers et les a contraints au compromis.

 

            On disait impossible la fusion de la Direction générale des impôts avec le Trésor public. A tenter de l’ébaucher, un ministre socialiste, Christian Sautter, y perdît son portefeuille. Elle est aujourd’hui en bonne voie.

 

            La réunion  de l’ANPE  avec l’UNEDIC en un service unique de l’emploi semblait irréalisable. Nicolas Sarkozy l’a faite !

 

            Un service minimum dans les transports publics ressortait de l’arlésienne. Il est désormais en place, fut-ce de manière encore insatisfaisante.

 

            L’Europe institutionnelle était en panne. Le nouveau président l’a remise sur les rail non sans y être aidé, il est vrai,  par Angela Merkel.

 

           On disait la France incapable de redessiner la carte judiciaire. La refonte a eu lieu , bien que de façon parfois maladroite.

 

           La hausse du chômage a été le leitmotiv des trois dernières décennies. Le voici ramené à son niveau de 2007. Le chômage a été ramené à son niveau de 1983

 

            Dès lors que le bilan de cette première année semble plutôt flatteur,  pourquoi Nicolas Sarkozy provoque-t-il donc un tel rejet après avoir été, il y a peu encore, au faîte de la popularité ? 

 

           A cela il y a sans doute un faisceau d’explications

              Une double méprise, d’abord.

               Première méprise. Celle du style.

               Nicolas Sarkozy a été élu il y a un an parce qu’il incarnait parfaitement tant dans son discours que dans sa personne les contradictions et les aspirations des Français. Des Français qui veulent le changement mais restent attachés à certaines valeurs, volontiers libéraux mais cependant fort étatistes, européens et néanmoins chaque fois que de besoin souverainistes et  protectionnistes,  séduits par la fortune mais détestant qu’elle soit exhibée, épris de modernité mais profondément conservateurs, attachés aux lambris et pourtant désireux d’une gouvernance plus proche et plus modeste.  

              Mais précisément les Français attendaient ensuite du président cette fois élu qu’il dépasse ces contradictions en un projet cohérent, hiérachisé dans le temps et axé sur un cap et qu’il transcende sa propre personne au bénéfice de la fonction. Or , il a donné l’impression inverse. Son action est apparue brouillonne et illisible. Il a donné le sentiment de profiter de la fonction plus qu’il ne la servait.

                Deuxième méprise, celle du pouvoir d’achat.

Durant sa campagne, le candidat Nicolas Sarkozy à laissé croire aux Français qu’il pourrait miraculeusement augmenter leur pouvoir d’achat. Les Français ont compris l’augmentation de leur salaire. Un an plus tard, l’aveu d’impuissance du président et sa formule les caisses sont vides a eu un effet désastreux sur les citoyens.

               A cette double méprise s’ajoute un double soupçon.

               Soupçon, en politique intérieur, d’agir essentiellement au bénéfice des nantis. C’est la conséquence du paquet fiscal , pour tout le moins de sa présentation malheureuse si l’on suit l’explication donnée l’autre soir à la télévision par le président lui-même.

               Soupçon en politique étrangère, par delà une diplomatie erratique, de renier la tradition gaulliste au profit d’un choix atlantiste.

               Un élément imprévu est enfin venu ternir l’image présidentielle : la crise financière internationale qui a terriblement réduit la marge de manœuvre du gouvernement et qui aurait du réclamer plus encore de la part du président une pédagogie active de la situation réelle du pays et du caractère nécessairement douloureux des réformes dont il a besoin pour entrer dans la modernité. Ce qui a fait malheureusement défaut.

 

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bouzid 10/05/2008 18:30

Olivier, vous mélangez un peut tout,

1) les industries qui ont délocalisées dans un premier temps, sont des industries qui utilisent beaucoup de main d'oeuvre et ne necessitent pas de hautes technologies, celle ci ne sont pas revenues en France, et je ne pense pas qu'elles reviendront un jour. La deuxiéme vague , necéssitant un peu plus de technologie a depuis le temps trouvé un point d'équilibre en formant sur place, et en offrant les postes de controle à des agents de maitrise et des ingénieurs des pays de l'est (faisant ou pas partie de l'UE), trés performant, bosseur et meticuleux. Le risque qui se profile actuellement c'est que même dans le tertiaire, il y a de plus en plus d'entreprise qui délocalisent pour deux raisons: a) Faire venir des ingénieurs informatiques ou autres, d'Inde, du Pakistan (parfois même de France) et utiliser les ingénieurs locaux reviendra toujours moins cher dans les pays du sud (salaires et charges).Surtout que grace à Internet, il y a zero second de décallage entre la France et les pays du sud.

b) il n'y a pas les 35h et toutes les contraintes subient par les entreprises françaises actuellement. Les produits exportés sont exonérés d'impots et taxes et dans le cas de la Tunisie et du Maroc, il y a même une ristourne spéciale sur les impôts locaux pour les  entreprises exportatrices.

c) La différence entre un produit fabriqué par une entreprise farnçaise installée au Maroc ou en Tunisie et un produit made in China ou Corea, c'est justement que l'un répond à cent pour cent (même plus que le même produit fabriqué en France, faute de controle) et que l'autre se vend sans aucun controle normatif.

Désolé pour toi et ton entreprise, mais si certaines entreprises sont retournées en France, faudrait plutôt chercher la vrai raison qui n'est surement pas celle que l'on vous a avancé.

olivier 08/05/2008 10:46

Mais je ne juge pas hativement les actions mais simplement le plan qui lui est à mon sens incohérent. Les entreprises clientes de mon cabinet et leurs partenaires sur une zone de Chalandise assez large et qui produisent, ont commencé par délocaliser à une certaine époque ... et en revienent maintenant. Pourquoi ?

Certes le polonais travaille pour beaucoup moins, le tunisien aussi mais la conccurence féroce qui règne sur les marchés internationaux  de ces entreprises les ont obligés à mettre en place des normes drastiques, tant en terme de qualité (pour contrer les coûts après vente et impact sur image)  que pour abaisser leurs coûts de revient direct (controle de gestion trés poussé) voire indirect.

Dans ces conditions, le polonais ou le tunisien malgré tout le respect que j'ai pour ces populations, ne sont pas prêt collectivement à assumer correctement les normes mises en places (c'est aussi le cas en Chine ou au Pakistan). Ainsi une fois le calcul fait, le Français tous coût affectés n'est pas si cher ... et certaines entreprises relacalise en France...

Toutes les entreprises ne sont pas concernées je vous l'accorde mais ce sont des entreprises qui misent sur l'innovation et la recherche.. je ne parlais donc pas des OGM qui sont à mon sens une fumisterie puisque lors de mes premières études (agronomiques) il y a deja longtemps on était capable d'utiliser des outils extrèmement performants qui ne sont encore que trés peu utilisés... et qui permettrait de se passer des OGM 'de certains au moins) qui font courrir un risque inconnu sur la génétique de la faune et flore de notre terre. 

Et le problème c'est que les OGM acceptent assez mal les frontières....

Pour revenir aux formations, je vous affirme qu'en France elles sont trés largement insufisantes en qualité au moins et que c'est aussi cela qui nous éloigne régulièrement des meilleurs pays.

Je ne critique pas gratuitement NS, je ne l'aime pas dns son style c'est vrai mais ca on s'en fout a la limite mais l'incohérence globale de son plan me gêne. Je suis le premier à vouloir travailler dur pour ce pays que j'aime tant mais son manque de courage face à certaines corporations sape le moral des troupes... c'est du management et sur ce sujet il n'a pas été bon.

Enfin bien sur NS n'est pas responsable de la crise mais contrairement à vous j'affirme qu'au moment de sa campagne il avait déja les données et qu'il aurait du dire que :

1) il n'y avait plus un sou

2) Que contents ou pas tout le monde devrait s'y mettre

3) Mettre en oeuvre le point 2

Cdt

Olivier  

Soheta 08/05/2008 00:16

Olivier, en mai dernier, rien ou presque ne laissait présager une telle crise. Nicolas Sarkozy a donc cru qu'il pouvait faire augmenter le PA des français, et a prévu a cet effet toute une série de réformes.

Ces réformes ne parassaient pas mauvaises et ne me paraissent toujours pas mauvaises. Comme vous le dites si bien, la France ne peut trouver une solution seule et se trouve désarmée devant la crise actuelle. Pourquoi en tenir rigueur alors au président si l'on sait qu'une solution ne peut être trouvée sur le court terme? Soutenons le plutot activement sur un plan tel que celui de l'Union Méditéranéenne qui, si il est mis en place rapidement, pourra remplacer ce secteur primaire manquant a l'Europe. Vous parliez de formations, de recherches, de la productivité des Français et de la qualitée de leur travail ...

Certe la qualité du travail français n'est pas à renier mais a quel prix? Quand vous avez pour le même salaire 5 ouvriers chinois, polonais ou serbe au prix d'un travailleur français, le choix est vite fait; même si la productivité d'un travailleur français est sans doute supérieur à celui d'un polonais, elle ne dépassera pas 5x celle ci. Non l'avenir économique de la France ne se retrouve pas dans ce type de travail, mais plutot dans les services.

Si la France ne veut plus subir autant les hausses de prix, il faut qu'elle trouve des accords avec les pays producteurs de biens primaires. Nicolas Sarkozy semble l'avoir compris, d'où son positionnement dans l'Union de la Méditéranée. Comme partout, l'Afrique, si elle veut se développée devra passer par l'acceptation du travail que les autres ne veulent plus et ainsi essayer d'attirer les entreprises vers leur pays.

Les formations sont évidement essentielles pour garder un pays en bonne situation économique. Je ne connais pas bien les plans de formations mis en place en France (je suis Belge). Ne sont ils pas suffisant?

Dernièrement sur le point des recherches. De quel recherche voulez vous parler? Des produits d'avenir tel que les OGM et le Bio-carburant? Sur le plan technologique? Sur le plan médical?

En ce qui concerne les produits d'avenir, laissez moi vous rappeler que la France était le numéro 1 en recherche sur les OGM, ce qui aurait pu relancer son reste d'économie agricole. Suite aux craintes, aux peurs et aux plaintes de certains Français, la France s'est vue rétrogradée a la 6eme ou 7eme place il me semble derriere des pays émergents tel que l'Argentine.

Le long therme est la clé comme vous l'avez dit, attendons donc au lieu de jugez trop attivement.

Claude 07/05/2008 21:15

Non Annick,

Les quelques blogueurs en question notent ma différence de vue et se sentent agressés quand je ne pense pas comme eux et parce que je construis mes argumentaires d'une autre manière qu'eux.

Par exemple et c'est flagrant, Evelyne et surtout Olivier qui prennent mon dépit d'avoir été trahi par Bayrou et ma défiance à son égard pour une attaque qui les vise personnellement. C'est comme si je prenais vos innombrables attaques de votre allié pourvoyeur de subventions N. Sarkozy pour des attaques qui me viseraient moi personnellement.

Je n'ai jamais parlé de votre emploi du temps, de votre mari, de votre difficulté à rédiger, de la longueur de vos posts, etc. (je ne vais pas faire tout l'inventaire de vos grossièretés). Quand j'ai manifesté mon doute au sujet de votre métier c'est pour vous montrer que moi aussi je sais, comme vous, parler de choses qui ne me regardent pas. Mais blesser les gens, même en riposte à une agression, c'est une façon de faire que je regrette toujours après.

Contentez vous donc de discuter, voire combattre mes idées et je me contenterai d'argumenter pour les défendre si vous ne m'avez pas convaincu et de discuter vos idées si elles me semblent mériter qu'on les discute. Je préfère que vous m'expliquiez pourquoi les français deviennent hystériques quand on leur dit que les caisses sont vides alors qu'ils ne sont pas émus quand ils se savent hyper endettés, plutôt que de me prendre pour un demeuré pour ne pas l'avoir compris moi même comme vous pourriez être tentée de le faire.

Si vous pensez que je me trompe dites le moi en expliquant pourquoi, pas en faisant mon analyse ce dont vous êtes incapable et qui de toute les façons relève de ma vie privée. Réservez vos commentaires désobligeants pour vos copines des salles de gym, des salons de coiffure ou des salons de massage.

annick 07/05/2008 13:53

relisez vos posts, Claude, les attaques personnelles c'est vous qui les faîtes continuellement et vous êtes le seul à avoir commencé...

La plupart des blogueurs notent votre agressivité....Vous pourrissez ce blog, abaissez le niveau, vampirisez l'attention et ne connaissez que le conflit dans lequel vous voulez nous entraînez

Mais c'est temps perdu que de vouloir vous raisonner...

Continuez...je vous laisse à vos aigreurs. Je valide mon hypothèse, l'erreur est de vous répondre !