P.S. Le choc des ambitions

Publié le par blog-pl-seguillon

        Cette fois le doute n’est plus guère permis. Le prochain congrès du PS verra s’affronter Ségolène Royal et Bertrand Delanoë.

 

     La première a pris un train d’avance en lançant, dès le début du mois d’avril, une « consultation participative » parrainée par quelques ténors du PS (François Rebsamen, Vincent Peillon, Jean-Louis Bianco, Manuel Valls, David Assouline, Aurélie Fillipetti, Michel Sapin, Jean-Pierre Mignard, Jean-Jack Queyranne ).  La présidente de la région Poitou Charente annonce qu’elle fera bientôt « une offre politique ».

 

    Hier, à son tour, le maire de Paris a publié, sous le titre «clarté, courage, créativité: pour un grand Congrès socialiste», un texte de onze  pages prônant  «un congrès d'idées».  Ce texte  doit servir de plateforme à une rencontre nationale  prévue le 24 mai à la Mutualité à Paris où «sont invités tous les militants qui veulent écrire une contribution ensemble». Il est signé de 90 noms dont ceux  de l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, des maires socialistes  de Toulouse, Strasbourg, Grenoble, Rennes, Le Mans, Nevers, de l'ancienne ministre Elizabeth Guigou, Harlem Désir  et de nombreux élus parisiens. Il invite les militants à ne pas avoir peur de leur différence et à les trancher « par le débat et par le respect du choix des socialistes ».

 

    Le problème est que l’on ne voit guère les différences de fond qui peuvent séparer Ségolène Royal et Bertrand Delanoë si ce n’est un certain nombre de nuances tenant à leur personnalité propre. Tous deux se font les avocats d’une sociale démocratie ouverte, réformiste et tolérante. Tout deux font de la Recherche et de l’innovation le tremplin de toute relance économique. Ni l’un ni l’autre ne souhaite un congrès de transition, chacun étant convaincu que le futur Premier secrétaire du PS sera, le moment venu, le candidat naturel du parti à l’élection présidentielle. Ségolène Royal estime que les 17 millions de voix qu’elle a recueillies lors du second tour de l’élection présidentielle de 2007 lui confèrent une légitimité particulière pour porter les couleurs socialistes en 2012. Bertrand Delanoë trace un portrait du futur Premier secrétaire du PS qui  ressemble étrangement à ce que le maire de Paris estime être et qu’il va longuement développer dans un livre d’entretiens avec le directeur de Libération publié dans quelques jours : un "leader qui ait le sens du « travail collectif», qui «s'implique dans ses débats» et qui  «ait une capacité à organiser la réflexion, à choisir et à arbitrer les idées et les équipes ».

 

Ajoutons que les deux personnages ont en commun d’être bien connu l’un et l’autre pour leur autoritarisme et leur indépendance d’esprit.

 

Ce que d’aucuns souhaitaient éviter mais qui semblait de plus en plus inévitable advient donc. Tel deux TGV lancé à grande vitesse l’un contre l’autre, Bertrand Delanoë et Ségolène Royal vont s’affronter dans ce congrès socialiste et ce choc de deux ambitions risque d’être désastreux pour les socialistes s’il apparaît difficile de départager ces deux personnalités. Les partisans d’une solution de troisième terme – un premier secrétaire de transition choisi parmi des personnalités qui ne visent pas la présidentielle, les Moscovici, Dray, Bartolone ou autres, espèrent encore éviter ou contourner cette confrontation. Mais cela pourrait vouloir dire un PS en jachère et sans crédibilité tandis qu’à son extérieur continueraient de s’affronter Ségolène Royal et Bertrand Delanoë.

 

Un homme jouera  un rôle fondamental dans cette joute : François Hollande. Il a sans doute trois attitudes entre lesquelles choisir : apporter à sa caution à l’un des deux protagonistes. Ce qui pèsera lourd. Demeurer neutre et laisser se développer une guerre épuisante entre les deux concurrents, duel  dont il peut penser qu’il lui profitera in fine. Sortir de l’ambigüité et annoncer qu’il est lui-même candidat en 2012, ce qui évidement modifierait profondément l’équation du prochain congrès.

 

Les partisans de Ségolène Royal disent vouloir que le congrès du PS qui se tiendra  du  7 au 9 novembre prochain soit «  utile et serein ». Utile ? On peut l’espérer. Serein ? On peut en douter !

 

 

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anonyme 20/05/2008 16:01

test

Claude 15/05/2008 09:56

Gilles,

PLS ne peut pas dénoncer toutes les contradictions des socialistes quand il réclament plus de pouvoirs à l'Assemblée (quitte à refuser ceux qui lui sont proposés dans la réforme constitutionnelle) et refusent tous les pouvoirs qui leur sont pourtant dévolus aux élus de leurs oppositions dans les conseils municipaux, généraux ou régionaux. PLS n'arrêterait pas.

Mais gageons que, quand un jour ou l'autre, la gauche prendra le pouvoir, PLS dénoncera leurs abus de pouvoir déjà expérimentés par le passé et inévitables dans le futur.

C'est pour ça qu'il est bien que de temps en temps les citoyens de ce pays rappellent à quoi nous avons échappé en n'élisant pas S. Royal. Merci Gilles.

Cordialement,Claude

Gilles 13/05/2008 17:07

Cher PLS, vous en tant que journaliste politique comment pouvez vous laisser sous silence ce dénie de démocratie.

http://www.dailymotion.com/video/x4kdbf_royal-fountaine_news

Alain 09/05/2008 14:11

Ségolène,

C’était comme une reine, Ségo, elle souhaitait qu’on l’aime / Les pachydermes bien qu’en alerte en furent gogos/

 Chavirée, toute la tribu des socialos, leur étoile leur diadème/ Trompée, bafouée, elle demeura le menton haut/

Quelle audace son chant, ses mots, et tant de classe / Mère et courage, femme indocile, elle tentait le banco /

Face à Sarko, tous deux le cœur en plein mélo/ Ils firent ce duel, en corps à corps, franc sans finasse/

Le vainqueur à sa place, sut, saluer cette ardeur/ Quatre ans Ségo, le temps passe, pour un destin ailleurs !

Alain

catherine 08/05/2008 09:48

Je pense que Delanoe a une avance sur S. Royal...Il pourrait s'accomoder d'un secrétaire général de transition : Paris lui offre une tribune, SR , n'est que présidente d'un conseil régional, et sa candidature a laissé quelques mauvais souvenirs.  C'est dur de tenir 5 ans uniquement avec cette charge.Elle se compare certes aux autres candidats qui avient eu plusieurs chances (EUX...). Mais Jospin et Mitterrand avaient une expérience solide (Josin a été premier ministre entre les 2 élections, Miterrand avait eu des ministères et avait "fait" le PS).