Présentation

Présentation

LCI Pierre-Luc Séguillon

Pierre-Luc Séguillon

P. rolonger les débats  abordés dans l'édito quotidien

 L. ivrer les à côtés de  l'interview politique matinale

 S. usciter vos commentaires et y répondre

 

Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /Juin /2008 19:12

 

Décidément, avec la rédaction d’une contribution puis d’une motion, la publication d’un livre paraît être le passage obligé de tout candidat aspirant à prendre le pouvoir au PS. Après Pierre Moscovici, Julien Dray et Bertrand Delanoë et avant Martine Aubry qui promet un ouvrage en août prochain, Ségolène Royal publie à son tour un livre intitulé « Si la gauche veut des idées ».

L’objet de ces publication est à la fois de s’affirmer en potentiel fédérateur des socialistes et d’afficher sa différence.

Ségolène Royal a compris qu’on ne pouvait conquérir les fédérations comme on séduit les militants dans des primaires ou des électeurs dans une présidentielle. Comme chacun sait, le parti se prend à gauche. L’ancienne candidate à la présidentielle n’a pas oublié ce vieux principe mitterrandien. Elle revendique donc une «  lucidité radicale ».

La radicalité lui permet de marteler son orthodoxie socialiste.  Elle s’exprime essentiellement dans le langage utilisé. « Je ne veux pas, écrit-elle,  d’une gauche qui, sous couvert de réalisme, renoncerait à corriger un certain nombre d’injustices et d’inégalités »


La lucidité est sensé signifier sa modernité et sa volonté d’adaptation  à un monde qui change. La traduction de ce vouloir est à la vérité l’énoncé de plusieurs mesures économiques qui ne sont ni très originales, ni très révolutionnaires.

Avec l’ensemble des socialistes, Ségolène Royal, réclame l’abrogation du «  paquet fiscal ».

Comme Martine Aubry, elle conditionne les allègement de charges accordés aux entreprises à la conclusion d’accords entre patronat et syndicats sur les salaires et sur les conditions de travail.

Quant à son idée d’une retraite par point elle reprend très exactement la proposition faite par François Bayrou durant sa campagne présidentielle.

« Je préfère une bonne querelle à une mauvaise synthèse », conclut Ségolène Royal.  Son livre, à la vérité,  n’annonce ni l’une ni l’autre !

 

 

Par Pierre-Luc Seguillon
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /Juin /2008 15:17

                   
La  réforme des institutions souhaitée par le chef de l’Etat prend des allures de steeple chase

 

Dans cette course difficile, beaucoup d’obstacles demeurent encore à franchir avant une éventuelle ratification par le congrès.

 

1ier obstacle. Il est d’ordre matériel : un  calendrier parlementaire trop chargé

 

Théoriquement, le texte doit revenir en deuxième lecture à l’Assemblée nationale le 7 juillet prochain. Il retournera  ensuite devant le Sénat avant d’être ratifiée par l’ensemble des parlementaires réunis  à Versailles. Théoriquement toujours,  c’est  le 21 juillet que devrait s’y tenir le congrès.

 

Mais les parlementaires doivent traiter 25 textes d’ici à la fin de la session parlementaire. Il leur faut notamment débattre du projet de loi de rénovation de la démocratie sociale que l’opposition considère comme un démantèlement des trente-cinq heures. Jean-Marc Ayrault,  le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale  a  déjà annoncé que le gouvernement allait « souffrir » sur ce textes ce qui laisse présager de très nombreux amendements. L’agenda  parlementaire risque donc d’être largement bousculé.

 

2ème obstacle. Il est d’ordre politique. : la difficulté d’accorder les violons du Sénat et ceux de l’Assemblée.

 

Rappelons qu’une modification constitutionnelle doit être votée dans les mêmes termes par les deux chambres. Or le Sénat a profondément modifié le texte voté en première lecture par l’Assemblée. Deux points font particulièrement clivage au sein des parlementaires UMP. L’instauration d’un référendum automatique pour ratifier l’adhésion à l’Europe de tout pays représentant plus d’un cinquième de la population de l’Union. Songeant à la Turquie, les députés de l’UMP sont très attachés à cette disposition. Les sénateurs l’ont recalée, majorité et opposition confondues, par 297 voix contre 7 !  La limitation  de l’usage de l’article 49,3 qui permet l’adoption d’une loi sans vote. Les députés UMP l’ont adoptée. Les sénateurs l’ont refusée.

 

Le compromis ne sera pas aisé à trouver. A preuve la cacophonie des responsables Bernard Accoyer souhaite que l’Assemblée suive le sénat. Jean-François Copé entend que la voix des députés soit prépondérante.

 

3ème obstacle. Toujours d’ordre politique. L’incertitude sur le comportement des socialistes.

 

En toute hypothèse, quand bien même le compromis serait trouvé au sein de la majorité, le texte ne peut être ratifié au congrès que si une vingtaine d’élus socialistes s’abstiennent de récuser le récuser à Versailles. Or, il apparaît de plus en plus que le PS dans sa globalité semble préférer infliger un échec au gouvernement plutôt que de profiter des bénéfices limités pour le Parlement d’une demi réforme des institutions.
                                  

Par Pierre-Luc Seguillon
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /Juin /2008 19:59



Martine Aubry est en forme et cela se voit. Sa retraite lilloise l’a requinquée. Son score remarquable aux dernières municipales et son accession à la présidence de communauté urbaine Lille métropole l’ont  confortée.

 

Martine Aubry n’est pas dénuée de soutiens de poids. Elle a notamment l’appui  du Nord Pas de Calais avec Daniel Percheron, le président de la région, et Serge Janquin secrétaire de la fédération du Pas de Calais.

 

Martine Aubry a une identité de gauche et s’emploie à l’affirmer.  Elle l’a fait hier au Grand Jury sur l’organisation du temps de travail ou sur le dossier de l’immigration. Son socialisme se conjugue néanmoins avec les lois du marché. Elle peut ainsi incarner une position centrale au sein du PS.

 

Martine Aubry est lucide. Elle confiait hier soir : il y a eu François Mitterrand, puis Lionel Jospin et Laurent Fabius qui se sont fait la guerre durant presque 15 ans. Il y a  maintenant six ou sept personnalités au sein du PS qui peuvent prétendre au premier rôle à la tête du PS comme lors de la prochaine campagne  présidentielle. Ils n’ont pas de  réelles divergences idéologique. .  Il est donc très difficile de les départager.

 

Martine Aubry pense avoir une carte à jouer et pouvoir prendre la responsabilité du parti  en proposant aux autres prétendants le marché suivant : quel que soit le candidat socialiste en 2012, il aura besoin d’un parti efficace. Laissons tous nos ambitions présidentielles aux vestiaire durant deux ans. Remettons ce parti sur les rails. Il sera alors temps pour chacun de jouer sa partition personnelle.

Pour réussir le maire de Lille compte sur plusieurs facteurs :

L’affaiblissement de Ségolène Royal et le glissement optique à la droite du parti du maire de Paris après la publication de son livre «  De l’audace ».

Le danger tant pour Bertrand Delanoë que pour Ségolène Royal d’un échec dans la conquête du parti qui aurait raison de leur  ambition présidentielle.

Elle espère que la progression durant l’été de ce raisonnement pourrait engendrer un mouvement qui lui permettrait d’entrer dans le  congrès de novembre en futur Premier secrétaire  afin d’éviter que  cette réunion du sacre ne tourne au massacre selon le mot de son amie Maryse Le Branchu.

 

La carte est jouable. Elle est cependant lopin d’être jouée. L’entourage du maire de Lille en convient.

Par Pierre-Luc Seguillon
Ecrire un commentaire - Voir les 22 commentaires
Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:46
  

   Une triple  actualité justifie la présence, dimanche prochain, de Martine Aubry au Grand Jury RTL LCI Le Figaro. 
   L'ancien ministre de l'Emploi et de la Solidarité, numéro deux du gouvernement de Lionel

Jospin est celle qui a mis en place les trente-cinq heures. Que pense-t-elle du projet de loi présenté cette semaine en conseil des ministres qui tout en maintenant la durée légale du travail à trente-cinq heures en libéralise totalement la durée réelle contrairement à l'accord passé entre la CFDT et la CGT d'une part et le Medef et la CGPME de l'autre?
   L'actuel maire de Lille et président de la communauté urbaine qui a été récemment la vedette du rassemblement des reconstructeurs socialistes, ne cache plus ses ambitions sur la direction du PS  voire son intention de se lancer dans la course présidentielle en 2012. Comment se situe-t-elle dans le débat qui agite les socialistes à quelques mois de leurs congrès ?
    Le fille de l'ancien président de la Commission européenne, Jacques Delors,  est un avocat actif de la construction communautaire. Comment réagit-elle au "non"irlandais" et comment voit-elle le devenir de l'Union?
    Telles sont quelques-unes des questions que nous poserons à "la Dame des 35 heures" avec bien sûr beaucoup d'autres et notamment celles que vous voudrez bien formuler en commentaire de ce blog.

Par Pierre-Luc Seguillon
Ecrire un commentaire - Voir les 47 commentaires
Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /Juin /2008 16:25
    
     Pour alimenter la réflexion de ceux qui dénoncent l'esprit " partisan " de l'article intitulé " Otan: du retour sous conditions au retour sans conditions" publié sur ce blog,  je me permets de proposer cette citation d'Alain Juppé lors d'une conférence organisée hier à Paris par la Fondation pour l'innovation et en réponse à une question de la salle sur le Gaullisme et l'OTAN:

    « En 1995, Jacques Chirac avait dit qu’il était prêt à entrer dans l’OTAN si la Américains partageaient le pouvoir et si l’Europe construisait une défense. Aujourd’hui, je crains que le «  si » ait disparu. …Donc je me demande si on n'est pas en train de faire un marché de dupes en rentrant sans conditions …Cette réintégration n’a de sens que  dans la mesure où l'Europe progresse dans l'affirmation de ses propres capacités de défense. Je pense qu'il faut que les deux aillent de pair, et je ne voudrais pas qu'on aille plus vite dans un sens que dans l'autre !» 

    Sans doute, mes censeurs estimeront-ils que l'ancien Premier ministre est un dangereux gauchiste !

Par Pierre-Luc Seguillon
Ecrire un commentaire - Voir les 13 commentaires
Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /Juin /2008 19:30

             

            Subrepticement, Nicolas Sarkozy est passé d’un projet de retour  de la France dans l’OTAN sous condition à un retour sans condition. Insidieusement,  le raisonnement s’est inversé : le chef de l’Etat estime aujourd’hui que c’est l’intégration de la France dans l’OTAN qui permettra l’européanisation de l’Alliance atlantique et le développement de l’Europe de la Défense. Il y a un an, il expliquait que c’était l’avancée de l’Europe de la Défense et  sa reconnaissance par les Etats-Unis qui permettrait le retour de la France dans les structures militaires de l’OTAN et plus particulièrement dans le Comité des Plans de défense où elle ne siège plus depuis 1966.

            Dans le discours qu’il a prononcé hier sur la Défense et la Sécurité, Porte de Versailles, Nicolas Sarkozy a clairement annoncé en effet que la France reprendrait toute sa place dans l’OTAN l’an prochain à l’occasion du  60ème anniversaire de l’Alliance.

Au début du mois d’avril, lors du sommet de l’Alliance atlantique  à Bucarest, le président français avait d’ailleurs déjà annoncé ce probable retour de la France dans l'OTAN pour l’an prochain, après la présidence française de l’Union européenne.  Il avait également  répondu à l'appel de l'alliance en confirmant l'envoi de nouveaux renforts militaires français en Afghanistan.

            Il y a à peine un an, en revanche, Nicolas Sarkozy posait des conditions très précises à une éventuelle réintégration de la France dans l’Exécutif militaire de l’Alliance. Répondant à une interview du « New York Times », Nicolas Sarkozy fixait deux préalables à une réintégration pleine et entière de la France dans l’Otan. Il expliquait qu’il conditionnerait ce mouvement « par une avancée sur l’Europe de la défense» et que ce retour «ne pourrait avoir lieu que dans la mesure où une place serait faite dans les instances de direction, au plus haut niveau, pour des représentants de la France». «Sans avancée sur ces deux préalables, il n’y aura pas de réintégration», ajoutait le chef de l’Etat dans les colonnes du quotidien américain. « «La France ne peut reprendre sa place que si une place lui est faite. Difficile de prendre une place que l’on ne vous réserve pas», notait alors le président de la République qui ne précisait pas le poste souhaité par Paris.

            Il n’est donc plus question aujourd’hui de préalables. Et c’est là un changement politique important davantage d’ailleurs que d’un changement stratégique.

            
           
Le retour complet de la France dans l’OTAN  ne changera pas grand chose à la situation actuelle. La France est l’un des contributeurs les plus importants de l’Alliance, le premier pour ce qui est de la force d’action rapide. La France participe à la KFOR au Kosovo où elle a engagé  3.400 hommes ainsi qu’à la FIAS avec bientôt quelque 3000 hommes.

            D’un point de vue politique, il en va tout autrement. Un tel retour aura une valeur symbolique forte pour nos alliés américains, pour nos partenaires européens et pour nos interlocuteurs étrangers.


           
Moscou et Pékin  qui appréciaient l’indépendance de Paris à l’égard de Washington y trouveront  un motif d’inquiétude. Les pays du Proche et du Moyen Orient pourront désormais identifier à tort ou à raison la France à cette sainte alliance occidentale prompte à déclencher des croisades et encline à se considérer comme le gendarme du monde. Les Etats-Unis se réjouiront de diriger un camp occidental désormais en bon ordre. Les nouveaux entrant dans l’Union européenne verront dans ce retour la confirmation de leur philosophie : l’Union européenne pour satisfaire leurs besoins économiques et l’Alliance atlantique pour garantir leur sécurité !

 Quant aux progrès préalables que Nicolas Sarkozy espère accomplir dans l’ Europe de la Défense durant sa présidence de l’Union, pour être souhaitables, ils sont peu probables. Il est douteux , en tous les cas, que l’annonce du retour de la France dans l’Otan suffise à convaincre nos partenaires européens d’accroître leur effort. Depuis six ans, les dépenses militaires américaines ont augmenté de 59% . Durant la même période, la hausse des budgets d’armements a été de 6% dans l’Europe de l’Ouest !

Par Pierre-Luc Seguillon
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /Juin /2008 13:42

                                      

            Le gouvernement estime avoir bien joué. Il  se réjouit de la division syndicale qui affaiblit les opposants au démantèlement des trente-cinq heures. Pour comprendre les raisons du divorce entre organisations salariées, il faut revenir à l’accord signé entre la CGT et la CFDT d’une part, le Medef et la CGPME de l’autre le 10 avril dernier.

            Le compromis  portait sur un aménagement limité de la durée du temps de travail. Les organisations signataires acceptaient que dans une entreprise l’on puisse déroger au principe du contingent d’heure supplémentaires à deux conditions : que ce soit à titre expérimentale et que cette expérimentation ait l’approbation des syndicats représentants une majorité de salariés.

            FO et CFTC n’ont pas signé cette accord.

            Or, depuis, le gouvernement a choisi de passer outre cet accord entre partenaires sociaux. Xavier Bertrand a concocté un projet de loi qui généralise la dérogation et ne soumet plus son adoption qu’à une approbation minoritaire des salariés. Ce qui entraîne un démantèlement total des trente-cinq heures.

                                        
          
FO et la CFTC stigmatisent les syndicats signataires que se sont laissés berner par le gouvernement. Plutôt que de défiler aujourd’hui à leur côté, les deux organisations leur demandent de retirer leur signature.

          CGT et CFDT ont mis néanmoins toutes leurs forces dans cette journée d’action,   préparée de longue date contre l’allongement de cotisation pour les retraites et contre la mise en cause des trente-cinq heures. Bernard Thibault et François Chérèque  mobiliseront largement aujourd’hui même si le million de manifestants annoncé n’est pas atteint.

                                                                 
          
Mais le rapport de force est favorable désormais au gouvernement. Le projet de loi  sera soumis au prochain conseil des ministres. Il  devrait être adopté d’ici à l’été.

           A court terme, le gouvernement  semble  donc gagnant. Mais, à moyen terme, le succès de Xavier Bertrand risque de n’être qu’une victoire à la Pyrrhus. En commettant l’erreur grave, sur ordre de l’Elysée et sous la pression de Patrick Devedjian , d’agresser et de déstabiliser de la sorte les deux principales organisations syndicales, le gouvernement compromet la réforme des retraites, decrédibilise le discours de Nicolas Sarkozy sur le dialogue social et favorise une radicalisation des représentants des salariés.  
                                                                         

Par Pierre-Luc Seguillon
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires
Lundi 16 juin 2008 1 16 /06 /Juin /2008 20:11

 

 

Difficile – sans vouloir être réducteur ni céder à la facilité  de ne pas faire la comparaison entre Jean le fils et Nicolas le père.

 

Même précocité.

A 22 ans, Nicolas Sarkozy était déjà  conseiller municipal de Neuilly. A 28 ans, il en devenait maire.

A 21 ans, son fils Jean est conseiller général, responsable de l’UMP à Neuilly, et depuis aujourd’hui président du groupe UMP au conseil général des Hauts-de-Seine.

 

Même célérité dans la manœuvre tactique . En 1983, Nicolas Sarkozy prend occasion de la mort subite du maire de Neuilly, Achille Peretti, et de l’hospitalisation de Charles Pasqua pour souffler la mairie à ce dernier.  Au printemps dernier, Jean le fils prend occasion du mælström créé à Neuilly par le forfait de David Martinon pour négocier un poste de conseiller général. Il saisit aujourd’hui la démission de Jean-Jacques Guillet pour capter la présidence du groupe UMP au conseil général, présidence initialement destinée à un autre élu.

 

Même inclination à trahir quand besoin s’en fait sentir.( ce qui est un classique de la vie politique).  Le père a trahi tour à tour Pasqua puis Chirac. Le fils participe à l’exécution de David Martinon qu’il avait pourtant promis de soutenir à mort.

 

Même témérité pour ne pas dire même culot tranquille. Le père n’a peur de rien. Le fils non plus qui  n’hésite pas à affronter et à provoquer ce vieux routier de la politique qu’est Patrick Devedjian patron de l’UMP et patron des Hauts-de-Seine, hier à Neuilly,  aujourd’hui à Nanterre.  

Comme son père, le fils ne paraît pas insensible aux famille bien nées et fortunées  

Comme son père, le fils possède  une tchatche peu ordinaire et une vraie capacité de séduction.

 

A la différence du père, cependant Jean  a trouvé la politique dans son berceau alors que Nicolas Sarkozy l’a conquise à la force du poignet.

 

Certes, Jean n’est pas « un fils à papa ».! Il serait absurde d’imaginer, derrière le fils , le père à la manœuvre. Tout juste peut-on soupçonner une admirative tendresse de Nicolas Sarkozy pour ce rejeton surdoué. Mais pour être le digne fils de son père, Jean doit  encore démontrer que son fulgurant parcours est totalement indépendant d’un atout dynastique.

Par Pierre-Luc Seguillon
Ecrire un commentaire - Voir les 12 commentaires
Lundi 16 juin 2008 1 16 /06 /Juin /2008 15:55


      Les dirigeants européens bombaient le torse. L'affaire értait dans le sac. Nicolas Sarkozy , co-auteur du traité de Lisbonne jubilait: maintenant que le casse tête institutionnel appartenait au passé, sa présidence de l'Union promettait d'être une belle réussite. Patatras! Les Iralandais ont ruiné ce bel optimisme. Du coup les mêmes paraissent  soudain saisis de stupeur. Jean Pierre Jouyet, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes,  bien qu’il essaie aujourd’hui de faire bonne figure et de voir dans le non irlandais «  une opportunité » pour l’Europe se disait vendredi « effondré » .  Les uns et les autres se demandent pourquoi les Irlandais qui ont tant profité des subsides européens se sont montrés si peu reconnaissants envers l’Union.
On connaît pourtant  la réponse. La même cause, aujourd’hui comme hier, produit les mêmes effets. Les Irlandais de même que les Français et les Néerlandais il y a trois ans ont eu peur. Peur de ce traité si abscond que chacun peut en redouter quelque  intention cachée. Peur de cette institution européenne si froide, si complexe, si technocratique, si lointaine, plus encline à sanctionner les manquements à la concurrence qu’à protéger ses ressortissants contre tous les maux réels ou imaginaires  engendrés par  la mondialisation. Peur de perdre, en l’occurrence, leur fiscalité attractive, leur législation sur l’avortement ou leur neutralité.

     Le peu de motivation des citoyens de l’Union et particulièrement des couches les plus populaires s’explique pourtant aisément. L’Europe souffre cruellement aujourd’hui d’un manque de compréhension, d’un défaut d’explication et d’une absence d’idéal. Ces trois carences sont étroitement liées. Obéissant à un gouvernement des juges et des technocrates, l’Union européenne demeure pour les citoyens un espace abstrait aux frontières fluctuantes et floues, sans horizon et sans raison d’être définie  hormis sa vocation marchande. Le galimatias des projets institutionnels soumis aux citoyens aujourd’hui comme hier ne fait que traduire cette indécision. Faire la pédagogie de cette  Europe-là est quasi impossible. Et les dirigeants ne s’y risquent guère ou s’y cassent les dents. Pourquoi dès lors les citoyens seraient-ils motivés à défendre cette Europe inexplicable, donc incompréhensible dont l’opacité est synonyme de danger ?

    L’accident irlandais est un camouflet pour la France  qui s’était enorgueillie d’avoir sorti l’Union de l’impasse institutionnelle après avoir elle-même contribué à l’y jeter. Ce « non »  change profondément du même coup la nature de la prochaine présidence française! Avant tout autre chantier, la présidence française va donc être largement  hypothéquée par la recherche d’une solution à cette nouvelle crise.

    Pour l’heure, Paris a choisi de faire le gros dos et, avec Berlin, d’appeler à la poursuite du processus de ratification du traité de Lisbonne. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel  nourrissent en effet le secret espoir que lorsque 26 pays auront  donné leur aval aux nouvelles institutions par la voie parlementaire, il sera possible, moyennant quelques concessions faites à Dublin, de convaincre les Irlandais  de retourner aux urnes et de bien voter cette fois.

    Un tel raisonnement témoigne d’une conception bien étrange  de la démocratie. Mais quand bien même le traité de Lisbonne finirait-il par être ratifié  que le problème du fonctionnement de l’Europe demeurerait posé. Doter l’Europe de nouvelles institutions  est indispensable. Mais cela ne servira à rien si l’Union n’affiche pas une ambition politique claire, susceptible de mobiliser les énergies des citoyens et de les convaincre que la construction communautaire leur est une protection pour le présent et un gage pour l’avenir.

    Tel est le double défi que Nicolas Sarkozy doit relever durant cette présidence de crise : sauver tant bien que mal la réforme institutionnelle et redonner un sens politique à l’Union.

Par Pierre-Luc Seguillon
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Vendredi 13 juin 2008 5 13 /06 /Juin /2008 11:43

Les dirigeants politique de gauche -  à quelques exceptions près ( Jack Lang ), les défenseurs patentés des droits de l’Homme et quelques personnalités de l’actuelle majorité s’offusquent de la présence du président syrien Bachar El Assad, le 14 juillet prochain,  à la tribune officielle  dressée place de la Concorde à Paris et où se retrouveront l’ensemble des personnalités françaises et étrangères conviées à assister au traditionnel défilé militaire. Nicolas Sarkozy, en effet, a  invité à cette célébration républicaine annuelles les représentants des 27 pays membres de l’Union européenne et ceux des pays du pourtour méditerranéen réunis la veille à Paris pour le lancement de l’Union des pays de la Méditerranée.

Le propos du président français est triple :

Conforter son initiative méditerranéenne, reprendre pied au Proche-Orient et donner un lustre particulier au lancement de la présidence française de l’Union européenne.

Il est douteux que le fait de rassembler de manière spectaculaire 35 chefs d’Etat et de gouvernement sur une même tribune officielle à l’occasion du 14 juillet confère à la présidence française de l’Union européenne une efficacité particulière. L’orgueil national y trouvera son compte. Le président de la République en retirera un  bénéfice personnel pour son image domestique. Mais ces festivités n’enlèveront rien des difficultés de la construction communautaire.

Il est incontestable par ailleurs que la France et l’Europe ont  intérêt à retrouver un rôle politique au Proche-Orient lors même qu’elles sont un contributeur militaire et financier important à la résolution des problèmes dans la région. Il est non moins évident que ce retour politique et cette volonté de contribuer à la recherche d’une solution pacifique aux conflits qui déstabilisent cette partie du monde ne peuvent  se faire sans un dialogue avec Damas et avec Téhéran. Il faut probablement s’attendre  que la prochaine Administration américaine prenne langue avec le régime syrien et avec Téhéran. Paris et Bruxelles auraient donc bien tort de cultiver l’attentisme sur ce dossier.

Le projet d’Union des pays de la Méditerranée, quand bien même ne serait-il qu’une « revitalisation »  du processus de Barcelone, est  une initiative positive. Une telle union entre des pays que tant de conflits opposent encore, à commencer par le problème israélo-palestinien, et que les pays membres du Nord et de l’Est de l’Union européenne  considèrent avec une certaine suspicion, ne peut sans doute être que fragmentaire et très progressive. Elle n’en est pas moins opportune pour répondre à des problèmes communs de sécurité, de développement durable et d’approvisionnement énergétique.

A partir de ces considérations l’on peut se poser un certain nombre de questions.

Etait-il de bonne méthode de faire coïncider le lancement de cette Union des pays de la Méditerranée avec l’ouverture de la présidence française de L’Union européenne ? A première vue, la réponse est « oui » : c’est donner d’emblée  à ce projet  une grande crédibilité. A la réflexion, il eut  peut-être été plus astucieux et plus efficace de la part de la France de procéder par étape et de manière moins spectaculaire afin de ne pas donner à nos partenaires européens le sentiment que Paris cherche à opposer brutalement une Europe méditerranéenne à une Europe germanique.
          


          En toute hypothèse faut-il inviter le 13 juillet  tous les pays riverains de la Méditerranée et en particulier la Syrie à une telle rencontre. C‘est l’évidence même puisque c’est l’essence du projet et c’est en outre la condition pour prétendre exercer un rôle au Proche-Orient.

Ayant  convié tous les pays constituant cette Union méditerranéenne à assister ensuite au défilé du 14 juillet, Nicolas Sarkozy doit-il en écarter le seul président syrien Bachar El Assad ? Ce serait parfaitement illogique !

Certes, les contentieux entre Paris et Damas sont lourds. Nos diplomates n’ont pas oublié l’assassinat en 1981 de notre ambassadeur  Louis Delamarre, imputé aux services syriens. Les militaires français ont gardé le cruel souvenir de l’attentat du Drakkar  au camion suicide qui, en 1983,  tua à Beyrouth 53 parachutistes du 1er RCP et du 9ème régiment de chasseurs, perpétré par le Hezbollah avec la complicité de Téhéran et sans doute de Damas. Enfin, Paris réclame que toute la lumière soit faite sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafik Hariri, opposé à l’ingérence syrienne au Liban et  victime  d’une attaque à la voiture piégée à Beyrouth, le 14 février 2005, revendiquée par  un groupe baptisé « Groupe de Victoire et de Jihad en Syrie ».


            Mais pourquoi  refuser la présence du président syrien aux  festivités du 14 juillet parce que son régime contredit  les vertus républicaines de liberté, de fraternité  d’égalité et de démocratie célébrées ce jour là et accepter en revanche que s’assoient aux côtés du chef de l’Etat le tunisien Zine El-Abidine Ben Ali, l’égyptien Hosni Moubarak, le colonel Kadhafi - s’il n’avait pas récusé l’Union méditerranéenne, voire l’israélien Ehoud Olmert. L’Etat hébreu viole depuis des décennies toutes les résolutions des Nations Unies et a fait de Gaza la plus vaste prison du monde. La paisible Tunisie touristique est un Etat policier où les institutions démocratiques sont pure fiction. Les geôles égyptiennes ne sont pas peuplées que de délinquants et de criminels !


            Autrement dit,  après avoir réuni le 13 juillet tous ces dirigeants du Sud pour tenter de constituer une Union méditerranéenne, objectif louable et fondé, ou bien Nicolas Sarkozy les convie tous à participer aux festivités du 14 juillet privilégiant la realpolitik, ou bien il eut fallu qu’il n’en invitât aucun tant nombre d’entre eux représentent des Etats qui, à des titres divers, sont fort éloignés des idéaux républicains et démocratiques fêtés de jour là.

Par Pierre-Luc Seguillon
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires

Over-Blog


Blog hébérgé par :


Annuaire des blogs d'Over-Blog – Créer un blog gratuit

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Rechercher

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus